Le poids : tout n’est pas que victoire ou défaite!

Le Nouvel An arrive, les pubs pour t’inciter à perdre du poids aussi! On joue avec ton orgueil pour te pousser à faire partie de l’équipe des « bons », soit ceux qui prennent soin de leur santé en tentant de perdre quelques kilos. Prends-tu vraiment plus soin de ta santé quand tu te prives? Es-tu vraiment moins « bonne » si tu ne perds pas de poids ou si tu ne suis pas des règles bien précises à la lettre? J’espère que ce texte t’aidera à y voir plus clair!

Perds 20 livres en 3 semaines! Top 5 des meilleurs aliments pour perdre du poids! Booste ton métabolisme pour perdre du poids!

Le Nouvel An arrive et qui dit nouvelle année dit aussi tsunami de publicités entourant la perte de poids. Chacun détient LE nouveau secret, celui que tous les autres avant n’ont pas réussi à découvrir, qui changera ta vie pour de bon, cette fois-ci! On utilise des termes comme « mode de vie » plutôt que « diète » pour mieux refléter les idéaux de la nouvelle génération pour qui les diètes sont démodées, réservées aux grand-mères. Un mode de vie, ça fait plus « santé », plus actuel, plus durable, plus COOL! Pourtant, il s’agit bien de diètes : on interdit ou déconseille fortement des aliments ou des nutriments (produits laitiers, fruits, sucres, gluten, etc.), on coupe des calories/glucides/gras, on recommande des suppléments ou des produits « détoxifiants », on conseille de jeûner sur certaines périodes de temps, on te donne un plan alimentaire à suivre ou des points à compter, etc. Bref, quand on prend un pas de recul, on réalise qu’on nous vend la même chose qu’avant, à quelques modifications près.

La « game » de la santé

On flatte aussi ton ego en jouant le jeu de la santé : Bien non, on ne veut pas que tu sois plus mince, on veut que tu prennes soin de ta santé! Tu es une bonne personne qui prend soin de sa santé avant tout, donc tu vas suivre ce programme minceur ou ce nouveau mode de vie!

De nos jours, ça paraît tellement mieux dit comme ça que d’avouer, qu’en réalité, on le fait pas mal tous pour se fondre dans le moule du corps acceptable imposé par la société. Ce n’est pas une critique que je fais aux gens, mais plutôt au marketing entourant les diètes! C’est tout simplement normal d’avoir cet objectif puisqu’on nous pousse en ce sens depuis qu’on est sorti du ventre de notre mère. On ne voudrait certainement pas faire partie de ces gros lâches qui se bourrent dans le sucre et la friture et qui ne prennent tellement pas soin de leur santé, ces gens de peu de la valeur de la basse société. Évidemment, il faut lire cette phrase sur un ton très ironique! Les personnes grosses ne font pas que se bourrer de sucres et de gras, peuvent très bien prendre soin de leur santé et ce n’est pas parce qu’on consomme du sucre et du gras qu’on a moins de valeur comme personne, peu importe notre poids. On est juste HUMAIN! Et… si jamais tu te sens honteuse d’avoir pensé aux grosses personnes de cette façon, ne le sois pas. Les jugements qu’on a envers le poids viennent de loin. Toutefois, il est temps de commencer à les assumer pour les faire disparaître pour de bon!

Cette philosophie du tout ou rien provenant de la culture des diètes nous pousse à penser qu’on peut être soit dans une équipe, soit dans une autre : les bons ou les mauvais. Soit on fait des efforts pour notre santé et on est mince, soit on ne fait aucun effort et on est trop gros par rapport à « ce qu’on devrait être ». Il n’y a pas d’autres options possibles, selon cette culture. On réussit ou on échoue. On part du point A et on s’en va au point B, à condition d’avoir suffisamment de volonté. Dans le cas contraire, on reste ou retourne au point A, la place des « losers ». Si tu fais les choses comme il faut, tu te rendras au point B, sinon, c’est que tu as mal fait, que tu as échoué. Pourtant, tout ça, c’est un gros paquet de bulls&*t.

« Tant qu’à! »

Tu connais probablement la philosophie du « tant qu’à » sans même le savoir. C’est souvent cette philosophie qui brise nos objectifs. Voici quelques exemples pour t’aider à comprendre de quoi je parle:

Attention, les objectifs que je présente ci-dessous sont des objectifs courants, mais je ne les encourage pas (sauf pour légumes dont j’encourage évidemment la consommation)!

  • Je ne mangerai pas de chips de la semaine! Merde, mon chum mange des chips devant moi. Je vais juste en manger quelques-uns. La culpabilité monte. J’en prends plus que prévu. Ah pis, tant qu’à avoir tout gâché, amène le sac et débouche la bouteille de vin, je recommencerai la semaine prochaine!
  • C’est fini le sucre pour moi! C’est trop mauvais pour la santé… Mon cerveau ne pense qu’à manger des choses sucrées. Ça m’obsède de plus en plus. J’en vois partout. Je m’achète une boîte de biscuits en cachette. Je la vide, tant qu’à avoir tout gâché. Je suis lâche! Demain, je ferai mieux.
  • Cette année, je m’abonne au gym! Là, pas de défaites! J’irai minimum 4 soirs par semaine, après le travail. 1ère semaine : Yeah! J’y ai été 4 fois! 2e semaine : Je me sens tellement motivée, je maintiens le rythme! 3e semaine : J’ai eu des imprévus, je n’ai été au gym que 2 fois cette semaine! Je compenserai en y allant plus la semaine prochaine! 4e semaine : J’ai eu le temps d’aller au gym juste 1 fois cette semaine! Je suis tellement déçue! Il faut que je me remotive! 5e semaine : Ah pis, tant qu’à y aller juste une fois de temps en temps, aussi bien rester à la maison!
  • Ça fait 3 semaines que je mange des légumes à chaque repas et je n’ai pas perdu une seule livre. Tant qu’à faire des efforts et ne pas perdre de poids, aussi bien laisser tomber les légumes!

Bref, le « tant qu’à » est beaucoup associé à la pression que la culture des diètes nous met à croire qu’on ne peut être que d’un côté ou de l’autre. Avec cette mentalité, on peut vivre un grand sentiment de fierté quand on est « bon », mais aussi beaucoup de culpabilité et un fort sentiment d’échec quand on retourne à notre vie normale parmi les « mauvais » qui n’ont pas assez de volonté. On est soit parfait, soit imparfait. Que fait-on du juste milieu, de l’équilibre?

Retourner en arrière, ce n’est pas un échec

Tout n’est pas tout noir ou tout blanc comme on tente de nous inculquer. Il n’y a pas qu’un seul chemin possible pour réussir dans la vie, y compris pour atteindre une bonne santé globale*.  En fait, c’est juste impossible de se rendre à un objectif sans jamais croiser d’obstacles et sans faire de retours en arrière. Si c’était le cas, on n’apprendrait pas. On n’est donc pas des perdants quand on prend des détours ou qu’on rebrousse chemin un bout de temps.

*Bonne santé physique ET psychologique (on l’oublie celle-là!).

Comme nutritionniste, je prône l’approche anti-diète et l’alimentation intuitive. Ces approches ont pour objectifs le développement d’une meilleure relation avec son corps et avec les aliments, un plus grand bien-être général, le détachement de la culture des diètes et l’atteinte d’une bonne santé globale. Quand je tente d’expliquer aux gens comment ça fonctionne, ils ont souvent de la difficulté à comprendre, car ils sont si habitués à la culture des diètes qu’ils cherchent à copier ce modèle. Avec ces approches, il n’est pas question d’une recette miracle toute faite. Tout le monde ne suivra pas le même chemin et n’évoluera pas de la même façon, ni à la même vitesse. Il n’y a pas de promesses farfelues, ni d’objectif de perte de poids puisque ce sont des approches neutres au niveau du poids. Hey oui, on se fout du poids! Il n’est pas pris en compte dans la balance…jeu de mots poche! Les experts en culture des diètes me diraient : « Mais, et la santé dans tout ça?! Tu ne peux pas ignorer le poids et penser améliorer la santé? ». Oh que oui, je peux. On peut améliorer plein d’aspects de sa santé sans même perdre une seule livre sur la balance. Par contre, l’idée ici n’est pas de prouver ce point, c’est plutôt de te faire comprendre que chaque pas que tu fais dans la vie, qu’il soit par en avant ou par en arrière, peut t’être utile. Personne n’est parfait et personne ne devrait l’être non plus.

Par exemple, pour une personne qui débute avec l’alimentation intuitive, c’est impossible de ne plus être influencée par la culture des diètes du jour au lendemain.  C’est normal d’être tentée par un nouveau mode de vie qui semble exceptionnel, encore une fois. Toute ta vie, on t’a convaincue que tu devais perdre du poids et manger d’une façon bien spéciale pour être en santé et avoir de la valeur comme être humain. Donc, bien sûr que tu douteras, que tu te remettras en question, que tu retourneras peut-être même vers une diète que tu essaieras quelque temps pour réaliser qu’elle était finalement comme les centaines d’autres avant. Est-ce que ce serait un échec pour autant? Non! C’est un cheminement.

Aussi, tu pourrais, par exemple, te peser régulièrement et craindre de prendre du poids ou espérer, au fin fond, que l’alimentation intuitive soit une méthode qui te fasse perdre du poids. C’est NORMAL. Il n’y a pas de bouton OFF pour cesser de désirer perdre du poids. Est-ce que tu aurais échoué pour autant? Non! Encore une fois, tu serais juste un être humain qui pense comme un être humain qui a grandi dans un monde où on reçoit un trophée chaque fois qu’on perd une livre!

Puisque ce sont des approches qui visent à se reconnecter avec ses signaux corporels, tu pourrais aussi voir une super belle amélioration de ta capacité à ressentir ta satiété et puis, tout d’un coup, avoir l’impression que cette sensation est disparue ou ne plus aussi bien la ressentir. Est-ce que tu aurais nécessairement fait quelque chose de croche? Non! Il y a des périodes de la vie qui peuvent venir brouiller un peu plus nos signaux (stress, syndrome prémenstruel, horaire modifié, etc.). La pire chose à faire dans ce cas, ce serait de paniquer et de tout mettre sur ta faute!

La liste des choses qui pourraient arriver est infinie. Ce que je veux que tu retiennes, c’est que chacun à son propre parcours par rapport à sa relation avec son corps et les aliments, mais personne n’est meilleure qu’une autre. On t’a appris à te comparer : si ça a marché comme ça pour elle, pourquoi est-ce que ça ne marche pas pour moi? Parce que tu n’es pas elle, point. Tu n’as pas à l’être non plus, tu es toi et c’est super comme ça! Ce n’est pas parce que tu fais quelque chose de croche, ni parce que tu n’en fais pas assez. Plutôt que de broyer du noir et de se rabaisser quand ça ne se passe pas comme on veut, il vaut mieux se demander comment est-ce que cette situation pourrait nous aider à évoluer vers ce qu’on souhaiterait. Facile à dire, moins facile à faire, bien d’accord! Toutefois, en s’éloignant des réseaux sociaux/personnes qui partagent des messages qui vont dans le sens du tout ou rien ou qui tendent à catégoriser les gens selon qu’ils soient dans le bonne équipe ou la mauvaise, c’est déjà un bon pas de fait vers ton mieux-être!

Nuance, équilibre, bien-être…s’il n’existe pas de recette miracle à quoi que ce soit, pour moi, celle-ci est celle qui se rapproche le plus du bonheur. À toi de trouver la tienne! 😉  

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5 réponses pour t’aider à survivre aux commentaires axés sur la culture des diètes durant les Fêtes!

Après une pandémie, revoir la parenté peut s’avérer tout un défi… surtout si on a pris du poids! Je t’aide à te préparer à répondre aux commentaires poches sur ton apparence et ton assiette!

Le temps des fêtes s’en vient et on se doute que ça en sera un assez spécial merci après près de 2 années enfermés chacun chez nous. Voir des gens…juste ça, ce sera probablement un choc!

Tout le monde change avec le temps mais, dans un contexte aussi difficile que celui qu’on a vécu, les modifications à notre apparence physique peuvent avoir été plus marquées qu’à l’habitude. On peut avoir pris du poids un peu … ou beaucoup. On peut avoir pris un coup de vieux aussi. C’est normal. On vient de passer au travers quelque chose d’assez unique et exigeant en tant que société. Par contre, les gens étant les gens, on risque de se faire souligner en caractères gras le fait qu’on a quelques livres en plus et des rides qui se sont soudainement creusées sur notre visage. On risque aussi d’entendre parler en long et en large des diètes (modes de vie, pardon!) qui ont été essayées en cours de pandémie ou qui sont envisagées pour 2022…tant qu’à retourner à la normale, aussi bien essayer de revenir à notre poids « normal »! Le temps des Fêtes est TOUJOURS synonyme des discussions axées sur la culture des diètes, mais j’ai bien l’impression que, cette année, on atteindra le niveau expert de ce genre de discussions!

Je me suis dit que, cette année, j’allais t’outiller pour t’aider à répondre à certains commentaires désagréables reliés à la culture des diètes En étant bien préparée, ça t’aidera peut-être à survivre à ce genre de soirées… et peut-être même être capable d’en profiter!

…Ah et, je me doute que ça jasera aussi un peu trop de COVID. Là-dessus, je ne peux pas t’aider, mais je te souhaite la meilleure des chances! Voici quelqu’un qui pourrait certainement te donner un coup de main à ce niveau : le docteur Mathieu Nadeau-Vallée.

1, 2, 3, on respire et c’est parti! (Non, pas « soleil », l’idée n’est pas de s’entretuer 😅 )

Commentaire 1 : Oh, tu as tellement changé! Ce n’était pas facile, la pandémie…tu vas devoir faire attention à ta santé (lire entre les lignes : Mais tu as donc ben engraissé!).

Réponse : Oui, j’ai pris du poids. Toutefois, je suis en parfaite santé, merci de t’en soucier… mais, si jamais mon poids te fait peur, sache qu’une personne qui vit de la discrimination par rapport à son poids a 2,5 fois plus de risques de tomber dans la catégorie « obèse » de l’IMC dans les 4 années qui suivent. En plus, plus elle se perçoit loin de son idéal de poids, par exemple, quand on lui fait remarquer qu’elle a pris du poids, plus elle risque de développer des problèmes de santé, et ce, peu importe son poids. Où sont les amuse-gueules?

Commentaire 2 : J’ai essayé la diète (mode de vie) X, j’ai perdu X lb avec ça, tu devrais l’essayer!

Réponse : Je préfère avoir une bonne relation avec tous les aliments et être en paix avec moi-même plutôt que de me mettre à couper ou compter des aliments et des nutriments pour finir par reprendre le poids que j’aurai perdu, ce qui arrive 95% du temps, et vivre dans une culpabilité sans fin. Si cette diète te convient, tant mieux, mais ce n’est pas pour moi. Je crois que mon poids te dérange plus que moi.

Commentaire 3 : Ouinnn, tu te lâches lousse! 2 assiettes plus un dessert! Tu vas devoir aller courir demain!

Réponse : Les repas de Noël n’arrivent qu’une seule fois par année, donc oui, j’en profite et je savoure. Non, je n’irai probablement pas courir demain parce que tout le monde sait que personne n’ira réellement courir demain. Ce que je mange ce soir n’ira pas spontanément dans mes fesses ou mon ventre, ce n’est pas comme ça que ça marche. L’avantage de me « lâcher lousse », c’est que je vais être suffisamment satisfaite de mon repas pour pouvoir passer à autre chose et éviter d’être obsédée pendant des jours par le morceau de bûche que je n’ai pas mangé. D’ailleurs, elle est excellente, tu devrais y goûter!

Commentaire 4 : Tu manges ça? Tu sais que, les glucides, c’est toxique. Les sucres raffinés, c’est encore pire. Tout est rempli de gluten, ce n’est pas normal de manger ça! Avant, ils ne mangeaient pas ça, des affaires de même, et ils étaient en bien meilleure santé! On mange tellement n’importe quoi de nos jours! On vit dans un monde qui essaie de nous empoisonner.

Réponse : Merci de vouloir m’informer sur le sujet, mais il y a une nutritionniste que je suis sur Instagram et, quand j’ai des questions sur la nutrition, c’est à elle que je m’adresse. Et…je dis ça comme ça mais, avant, les gens mourraient à quel âge, en moyenne?  (tout en prenant une bouchée de tourtière et en se tournant la tête pour finir la conversation 😎 ).

Commentaire 5 : Ils sont en train de virer fous « à c’t’heure » avec leurs affaires comme quoi tout le monde peut être gros et manger n’importe quoi. Les nutritionnistes sont payées par les compagnies de bouffe pour nous dire de manger leurs cochonneries!

Réponse : Je crois que tu as mal compris ce que disent les nutritionnistes et les gens qui rejettent la culture des diètes.

  1. L’acceptation corporelle permet d’avoir plus confiance en soi et en son corps, ce qui facilite le développement de meilleures habitudes de vie. Plusieurs formats corporels existent dans le monde et c’est en les normalisant que les gens se sentiront mieux et agiront davantage sur leur santé.
  2. Il n’a jamais été question de simplement manger n’importe quoi, c’est beaucoup plus complexe que ça. De plus, se libérer des interdits aide à diminuer l’attention et la valeur qu’on donne à certains aliments. C’est en suivant des nutritionnistes sur leurs réseaux sociaux que j’ai mieux compris le concept, je peux te suggérer des comptes à suivre si tu veux!
  3. Les nutritionnistes font partie d’un ordre professionnel qui vise à protéger le public. Leurs actes sont donc encadrés par la loi. Elles ne peuvent pas dire ou faire n’importe quoi, sous peine d’être radiée et de payer une amende.

Bien sûr, si on s’embarque à répondre à ce genre de commentaires, il vaut mieux que ce soit dans le respect de nos propres limites. Je t’encourage à t’affirmer plutôt que de ravaler, mais je suis aussi consciente que ça peut être tout un défi et que ça peut dégénérer rapidement. Si tu sens que ça dépasse le niveau où tu pourrais en retirer un bénéfice, que ça tombe plus sur un terrain glissant, tu peux te retirer de la conversation à tout moment. « Je préfère ne pas parler de ça. », « Est-ce qu’on peut changer de sujet », « Je ne veux pas aller là parce que je sens que nos opinions sont trop opposées. », il existe plein de façons de mentionner notre inconfort et d’exprimer nos limites. Tu peux aussi tout simplement choisir d’aller prendre de l’air quand la conversation tourne un peu trop autour de la culture des diètes. C’est un bon timing pour aller aux toilettes ou commencer la vaisselle!

Prends conscience que, bien que les mentalités changent tranquillement, on ne peut pas faire disparaître d’un coup une culture qui se perpétue depuis des siècles. Si tu lis ce texte, tu fais partie d’une minorité qui commence tout juste à se lever contre cette culture malsaine. Il y a beaucoup de chemin à faire, comme il y en a eu et en a encore à faire pour le droit des femmes, par exemple. On s’entend que les personnes qui ont initié les premiers changements ont eu la vie dure. C’est la même chose avec le concept anti-diète. On reçoit des roches. Toutefois, tu n’as pas la responsabilité de les recevoir. Ça, c’est mon travail à moi! Donc, si jamais on te les lance, utilise ton ricochet vers nous, les nutritionnistes. Ton travail, c’est de te protéger, de connaître tes limites et de les faire respecter.

Sur ce, bon temps des Fêtes à l’avance!

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Est-ce que la culture de la diète influence ta vie? Assurément et je te dis comment!

On entend de plus en plus parler de la culture de la diète, que ce soit par des nutritionnistes, psychologues et, lentement mais sûrement, par des influenceuses et vedettes. Je t’explique en quoi ça consiste et comment elle influence ta vie de tous les jours.

Dans mes textes, j’utilise le féminin…parce que ça me tente.

La culture de la diète est bien ancrée dans nos discours et nos comportements. Elle est partout, tout le temps, sans même qu’on ne s’en rende compte. Elle existe depuis très longtemps, mais on ne parle d’elle et on ne la dénonce que depuis peu. C’est quoi, au juste? Il n’y a pas vraiment de définition exacte d’établie pour le moment. Selon la journaliste et diététiste américaine Christy Harrison qui est détentrice d’une maîtrise en santé publique et certifiée comme conseillère en alimentation intuitive, la culture de la diète se définirait ainsi (traduction libre)1 :

Livre Anti-Diet de la diététiste Christy Harrison

La culture de la diète est un système de croyances qui :

  • Promeut la minceur et l’associe à la santé et à la vertu morale, faisant en sorte qu’on puisse passer notre vie à croire qu’on est « brisée » parce qu’on ne répond pas aux critères irréalistes de l’idéal de minceur. (J’ajouterais ma touche personnelle en disant que, non seulement on peut se sentir « brisée », mais aussi immorale et faible si on ne cadre pas dans cet idéal.)
  • Présente la perte de poids comme étant une façon d’atteindre un meilleur statut, nous poussant à dépenser beaucoup de temps, d’énergie et d’argent pour amincir notre corps, même si les recherches sont claires: presque personne ne peut maintenir une perte de poids volontaire plus que quelques années (95% des gens ne le peuvent pas2).
  • Diabolise certaines façons de s’alimenter et en glorifie d’autres, nous incitant ainsi à être hyper vigilante en ce qui concerne notre alimentation, à avoir honte de certains de nos choix alimentaires, à oublier l’aspect plaisir et le fait qu’on devrait avoir le pouvoir de nos propres choix.
  • Accable les gens qui n’entrent pas dans l’image qu’on se fait d’une personne en santé, particulièrement les femmes, les personnes trans, les personnes ayant un poids plus élevé, les personnes de couleurs et les personnes ayant des handicaps, ayant pour effet de détériorer leur santé mentale et physique.

Autrement dit, la culture de la diète n’est pas seulement reliée aux régimes en tant que tels, mais à tout ce qui nous pousse à contrôler notre alimentation d’une manière ou d’une autre en oubliant que manger doit rester un plaisir et ne devrait pas causer des soucis si importants qu’ils en affectent notre santé mentale et/ou physique.

T’es-tu déjà sentie coupable de manger quelque chose? Particulièrement devant quelqu’un? As-tu eu peur du jugement? T’es-tu déjà empêchée de choisir un aliment dont tu avais vraiment envie parce que tu sentais que les autres allaient te juger? T’es-tu déjà sentie supérieure à quelqu’un parce que tu as fait un « meilleur choix » alimentaire que lui/elle?

Si c’est le cas, dis-toi que c’est un exemple où la culture de la diète a influencé ta vie. On n’a qu’à se transporter dans une salle à dîner d’à peu près n’importe quel milieu de travail pour constater ce genre de situation tous les jours. Parfois, j’ai même l’impression de voir une compétition entre les lunchs de collègues de travail. Quelle salade est la plus santé, qui a du tofu dans son lunch, qui utilise du pain de grains entiers plutôt que du si dégradant pain blanc, qui a lunch le plus bio, le plus écolo, etc. Quand quelqu’un amène un reste de pizza ou commande une poutine, je m’amuse à analyser les réactions et écouter les commentaires. JAMAIS, ça n’arrive que PERSONNE ne fasse de commentaires quand quelqu’un mange une poutine, jamais. Chaque fois, j’entends quelqu’un (parfois celle qui mange la poutine, parfois d’autres) dire que la personne « se gâte », qu’elle « triche », qu’elle « se paye la traite », qu’elle « devra aller courir pour brûler ça »… n’importe quoi du genre. Chaque fois, je me dis: « Non mais, est-ce qu’elle peut juste manger sa fu**ing poutine, trouver ça bon et passer à autre chose? ». Non, elle ne le peut pas, parce que la culture de la diète nous a enseigné, depuis toujours, à considérer la poutine comme un aliment dégradant qu’on mange seulement quand on a un moment de faiblesse. Quand on mange de la poutine, on est moins bon que les autres. On l’a échappé, on a fait un mauvais choix. On va se reprendre parce qu’on ne veut pas devenir une personne de moindre valeur, une de ces grosses personnes faibles qu’on pointe du doigt parce qu’ils sont incapables de se contrôler.

NON! On a juste mangé une maudite poutine! On n’est pas moins bonne que celle qui a choisi la salade ou le poke bowl (c’est à la mode, t’sais, tu deviens soudainement ultra plus cool quand tu manges ça!). Si cette personne avait envie de manger de la salade, tant mieux pour elle! Toi, c’était d’une poutine dont tu avais envie. Tu es pas mal mieux de manger ta poutine et te contenter que de faire comme les autres, choisir la salade, mais l’échapper dans la boîte de biscuits à 22h le soir devant la télé, quand il n’y aura pas de témoins…et de feeler cheap pareil, parce qu’encore une fois, d’avoir une rage après s’être restreinte dans la journée, ce n’est pas bien, selon la culture de la diète. C’est faible. Pourtant, il n’y a rien de plus humain et normal que ça.

(En passant, ça se peut que tu aies envie d’une salade pour vrai et c’est bien correct et normal aussi. Ton corps n’est pas stupide, si tu réponds à ses besoins et ses envies (sans exagérer non plus, on s’entend…il y a une différence entre une vraie envie et des petits caprices), il va finir par trouver un équilibre. Ta poutine, si tu l’as mangée sans culpabilité et que tu l’as savourée, les risques que tu en aies encore envie dans les prochains jours sont faibles. Le lendemain, ça se pourrait bien que tu aies pas mal plus envie d’un sandwich ou d’une salade-repas.)

Est-ce que tu dépenses beaucoup de temps et d’énergie à choisir les aliments les plus santé? Crois-tu que certaines façons de s’alimenter soient « supérieures » à d’autres?

Bien sûr, puisque je suis nutritionniste, tu dois te dire que c’est ma job de promouvoir les aliments santé. Les gens croient souvent, à tort, que nous sommes là pour leur dicter quoi manger et leur dire à quoi ils ont droit et à quoi ils n’ont pas droit. Ce n’est pas le cas. On conseille les gens pour les aider à faire des choix qui répondent à TOUS leurs besoins physiques ET psychologiques, donc pas seulement à leurs besoins en nutriments (glucides, protéines, vitamines et minéraux, etc.), mais aussi à leurs préférences et leurs envies. Nous ne sommes pas des machines qu’on remplit d’essence et qu’on change d’huile une fois de temps en temps, on est des humains! Nos besoins sont pas mal plus complexes qu’un calcul de ratio glucides/lipides/protéines!

Il faut aussi garder en tête que, ces conseils, on les donne pour faciliter la vie des gens, pas pour la compliquer. On les outille à être encore plus indépendants dans leurs choix alimentaires. Malheureusement, la façon dont ça a été fait n’a pas toujours été adéquate et ne l’est parfois toujours pas. Les perceptions et les croyances des gens font aussi en sorte que nos messages ne sont pas toujours bien compris. Bref, bien sûr que j’encourage les gens à avoir un équilibre alimentaire, mais TOUS les aliments font partie de cet équilibre et, qui dit équilibre dit pas de restrictions.

Les gens se valorisent beaucoup par leurs choix alimentaires, par le fait qu’ils soient de bonnes personnes qui font des choix responsables pour leur santé et celle de leur famille. C’est ce qui fait qu’on met, en général, beaucoup d’énergie à faire ces choix. Quand on est nutritionniste, on sait à quel point le monde de l’alimentation est complexe parce que tout n’est jamais tout noir ou tout blanc, mais TOUJOURS gris. C’est l’une des raisons qui fait que les gens sont mêlés. Si une nutri va à la télé et n’a que 2 minutes pour répondre, c’est possible que le manque de temps amène aussi le manque de clarté de la réponse. Le contexte fait aussi toute la différence. « Ça, est-ce que c’est un bon choix? ». Ça dépend de plein de choses. As-tu une maladie? Es-tu physiquement actif? À quoi ressemble le reste de ton alimentation? Est-ce que tu veux dire un bon choix pour toi ou un bon choix pour tes enfants? Quelle est ton intention derrière ce choix (ex.: veux-tu une collation qui te supportera tout le P.M. ou un petit dessert pour compléter ton repas)? As-tu l’intention d’en consommer souvent? Aimes-tu ça? … Tu comprends que, un bon choix, c’est très relatif. C’est ce qui fait que beaucoup de gens se stressent continuellement avec ça. Le pire, c’est que la majorité d’entre eux finissent par faire des choix d’apparence santé, mais qui ne le sont pas vraiment, parce que leurs connaissances en nutrition sont trop souvent biaisées par une tonne de désinformation. Mais on y croit et on veut bien faire, alors on continue de se stresser inutilement.

Et si je te disais STOP. Arrête. Relaxe. On sait qu’on doit manger beaucoup de légumes et fruits, de produits céréaliers à grains entiers, limiter le sel, les sucres ajoutés, les produits ultra-transformés, etc., mais tout ça en train de virer en un vrai combat intérieur pour trop de personnes. Le pire, c’est que ce sont souvent les personnes qui mangent déjà bien qui se sentent le plus visées par ces recommandations.

Par exemple, quand le nouveau guide alimentaire a conseillé aux carnivores aguerris de simplement diminuer un peu leur consommation de viandes pour laisser plus de place aux végétaux dans leur alimentation, ce ne sont pas eux qui se sont sentis visés, mais les gens qui variaient déjà leurs sources de protéines entre les sources animales et végétales. Plusieurs se sont mis à penser qu’il serait préférable pour leur santé d’être végétarien ou presque. Ce n’est pourtant pas ce que recommande le guide. Encore une fois, avec l’effet des messages véhiculés par la culture de la diète depuis des années, l’information a été déformée et mal comprise. On essaie de nous faire croire depuis si longtemps que ça prend une diète bien spéciale pour être en santé qu’on s’entête à voir les recommandations comme étant pas mal plus sévères qu’elles ne le sont en réalité.

Tu n’es pas irresponsable si tu choisis des aliments qui ne sont pas parfaits un peu trop souvent à ton goût. S’ils ne sont pas bios, sans OGM, sans sel, sans sucre (et souvent sans goût, on va se le dire), c’est O.K. Ce l’est parce que, premièrement, ce n’est pas toujours facile d’avoir accès à certains aliments, que ce soit pour une question de coût ou de disponibilité. Ce l’est aussi parce que, la qualité organoleptique d’un aliment (apparence, odeur, goût, texture), c’est très important! Ça, c’est la partie que la culture de la diète ne t’a jamais dit. Tes sens ont besoin de recevoir des signaux agréables. Prends, par exemple, un bébé. S’il n’aime pas la texture ou le goût d’un aliment, tu risques de le savoir assez rapidement en recevant sa bouchée en plein visage. Il respecte les sensations de son corps. En vieillissant, on priorise ce qu’on pense qu’il est bien de manger avant ce qu’on a envie de manger. On mange avec notre tête au lieu de manger avec nos sens. Et ça, ça finit par être lourd, autant physiquement que moralement. Oui, on peut et il faut se permettre de donner une chance à des aliments qu’on n’aime moins au début, faire plusieurs essais même. Par contre, il ne faut pas que ça devienne une obsession de se forcer à manger des choses qu’on n’aime pas et de constamment combattre nos envies pour ne choisir que des aliments considérés comme étant santé par la culture des diètes. De toute façon, on l’a vu tantôt: un aliment « santé », c’est bien relatif.

Juger les autres par ce qu’ils mangent

Dernièrement, je vois beaucoup de familles choisir des solutions prêt-à-cuisiner comme Cook it ou encore le prêt-à-manger d’Isabelle Huot ou Fit Menu. C’est super le fun comme concept, ça nous évite de se casser la tête avec l’épicerie et ça nous aide à sauver du temps tout en mangeant des aliments frais et en ayant une assiette équilibrée. Par contre, ça prend un certain budget pour s’offrir ça. Pour une partie de la population, ce n’est pas quelque chose d’accessible. Pourtant, ce ne sont pas que les personnes en moyens qui manquent de temps et d’idées pour les repas, c’est tout le monde. Donc, c’est facile de juger les gens qui optent pour les croquettes de poulet ou les pogos, mais on oublie qu’on est tous dans la même situation et que chacun essaie de se débrouiller selon ses propres moyens.

As-tu déjà jugé quelqu’un par son poids ou par le fait qu’il ait une maladie chronique comme les maladies cardiovasculaires, le diabète ou l’hypertension?

Je ne te dirai pas que ce n’est pas de ta faute, mais ce ne l’est pas entièrement. Tu as été programmée toute ta vie à haïr tout ce qui est hors norme, tout ce qui est trop gros, tout ce qui n’est pas parfait. Heureusement, il n’est pas trop tard pour revoir ta philosophie, la travailler, jour après jour…parce que ça ne se change pas en un coup de baguette. Pour y arriver, par contre, il faut avoir les bonnes informations.

On t’a probablement toujours présenté la fausse image du poids comme une simple équation : ce qu’on mange – ce qu’on dépense = la quantité de calories que ton corps absorbera. On t’a fait croire que le chiffre sur la balance se contrôlait comme on le voulait, qu’on pouvait sculpter notre corps selon notre bonne volonté. Selon cette fausse croyance, il suffirait d’avoir assez de courage, d’être assez fort psychologiquement… de se donner un coup de pied au cul finalement! On t’a aussi fait associer le surpoids à de la faiblesse, à un manque de volonté, un manque de dignité, à une moindre valeur morale. La réalité, c’est qu’avec les recherches, on a compris que le poids est beaucoup plus qu’une simple équation et que les facteurs qui l’influencent sont non seulement nombreux, mais aussi très complexes et que, finalement, le poids ne se module pas à notre guise. En le sachant, ça change nos perspectives.

Du côté des maladies comme les problèmes cardiaques ou le diabète, c’est facile de juger les gens par rapport à leur mode de vie, car on sait qu’une alimentation équilibrée et un bon niveau d’activité physique devraient, en théorie, nous protéger les de ce genre de maladies. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. En plus, encore une fois, il y a plusieurs facteurs qui viennent influencer l’alimentation et le niveau d’activité physique des gens, donc de conclure que ceux qui ont l’une de ces maladies sont responsables de leur propre sort, c’est de tourner les coins ronds.

Récemment, j’ai vu une publication de sur la page Facebook « Labo Benoit Arsenault » qui présentait une nouvelle surprenante. Une étude publiée dans la revue scientifique « The Lancet »3 démontre qu’on a retrouvé de l’athérosclérose (plaques de cholestérol) dans les artères de momies ayant vécu il y a plus de 4000 ans! Donc, même si on accuse notre mode de vie actuel de tous les maux, on se rend compte que nos connaissances sont encore limitées et que nos conclusions pourraient être incomplètes. Attention, je ne suis pas en train de jeter aux poubelles toutes les recommandations de santé! Je t’invite simplement à réfléchir sur la façon dont on agit et pense tous les jours en étant convaincue qu’on a le contrôle sur tout et qu’on a qu’à « s’améliorer », mais que, finalement, la santé, c’est probablement pas mal plus complexe qu’on ne le croit.

Évidemment, la culture de la diète, c’est aussi toutes les formes de diètes, les normes de beauté irréalistes, le modèle de corps unique que plusieurs d’entre nous cherchons à avoir et tout ce qui nous pousse à s’alimenter d’une certaine façon qui nous fasse sentir une meilleure personne… parce qu’on est donc bon de prendre soin « de notre santé »! « Ce n’est pas une diète, c’est pour ma santé! » 😉 Si tu es honnête avec toi-même, tu vas voir que les similitudes avec une diète sont assez flagrantes!

La culture de la diète, ça inclut aussi de classer les aliments selon qu’ils soient bons ou mauvais, « encrassants » ou « détoxifiants », vrais ou artificiels, entiers ou raffinés, purs ou contaminés1. On oublie que, la santé, c’est global et qu’on l’obtient quand notre corps en entier est bien, autant physiquement que psychologiquement. La meilleure façon d’y arriver, c’est en écoutant ses signaux corporels et en sachant relativiser les informations qu’on reçoit en continu. L’équilibre, c’est de comprendre et d’accepter qu’on n’est pas parfait, de prioriser ce qui est le plus important pour nous et de savoir lâcher prise sur certaines choses.

La lecture de ce texte t’a peut-être un peu choquée. C’est normal. Quand on remet en doute ce qu’on nous a toujours pris pour acquis, ça « rentre dedans ». Je t’ai aussi fait réfléchir sur tes comportements et potentiels jugements. C’est toujours désagréable de se faire remettre en question. Laisse-toi du temps pour assimiler tout ça et, surtout, garde ton esprit ouvert 🙂 Un jour à la fois, on pourra mettre cette philosophie archaïque derrière nous, pour le bien-être de tous!

  1. Christy Harrison. |En ligne| : https://christyharrison.com/blog/what-is-diet-culture Consulté en septembre 2020.
  2. Équilibre. |En ligne|: https://equilibre.ca/perdez-10-livres-en-1-semaine-sans-faire-de-sport/ Consulté en octobre 2020.
  3. The Lancet. |En ligne|: https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(13)60598-X/fulltext?fbclid=IwAR0zu4equfY8od-BPXXc-AXNm7Yon_qQmCWIMzAl5MrZvFNNTl2AUxDLkhM Consulté en octobre 2020.

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Estime de soi – La peur de vieillir

Qu’on soit un homme ou une femme, ce n’est pas facile de vieillir. Toutefois, on ne se cachera pas que ce l’est encore plus pour les femmes. Depuis très, très longtemps, nous avons ce fardeau d’être belle et de tout faire pour cacher les signes de vieillissement qui transforment notre corps avec les années qui passent. Je n’avais jamais senti ce besoin de freiner les marques du temps avant tout récemment.

J’ai eu 35 ans récemment et je réalise que je suis officiellement entrée dans le monde des « vieux ». Pas vieux dans le sens de personne âgée, mais vieux dans le sens  de se faire appeler « Madame » par le caissier boutonneux de 18 ans à la SAQ.  Il n’y a pas si longtemps, quand je blaguais en disant que j’étais vieille, on m’assurait que j’étais encore une petite jeunesse…et je m’attendais à me faire répondre ainsi, honnêtement. J’avais besoin qu’on me rassure en me disant que j’étais encore toute jeune. Depuis quelques mois, voire peut-être 1 an ou 2, c’est différent. Quand on me demande mon âge et que je dis à la blague que je suis vieille, je ne reçois plus la réponse que je prévoyais. On me répond plutôt : « Hein? Pour vrai?! Je ne te pensais pas si vieille, je te donnais 26-27 ans maximum ». C’est vrai que je suis chanceuse de ne pas faire mon âge, mais ce que j’entends surtout, c’est que je ne suis plus dans la catégorie d’âges qu’on considère comme étant « jeune ». Bon, je ne suis pas très vieille non plus, entendons-nous. Je suis…une madame.

Un sourire qui ne ment pas

Qu’on soit un homme ou une femme, ce n’est pas facile de vieillir. Toutefois, on ne se cachera pas que ce l’est encore plus pour les femmes. Depuis très, très longtemps, nous avons ce fardeau d’être belle et de tout faire pour cacher les signes de vieillissement qui transforment notre corps avec les années qui passent. Je n’avais jamais senti ce besoin de freiner les marques du temps avant tout récemment. Des pattes d’oie se dessinent sous mes yeux quand je souris depuis déjà un bout de temps, mais elles sont plus nombreuses et plus profondes ces derniers mois. Je t’entends te moquer de moi en te disant « pauvre p’tite fille, elle a des bébés rides…gros problème! » et tu as bien raison. Par contre, ça m’a fait réfléchir sur cette constante pression que nous avons de contrer la nature. Je me surprends à retenir mes sourires parfois, de peur que les gens se disent : « C’est moi où elle a pris un coup de vieux soudainement? ». Puis, je me trouve stupide et je me dis que ça a peu d’importance qu’on trouve que j’ai vieilli parce que, oui, j’ai vieilli, comme tout le monde. C’est comme ça la vie, on ne s’en va pas par en arrière, mais par en avant. Et, en allant de l’avant, on fane (j’hésitais à écrire « on ratatine », que je trouve plus drôle, mais moins beau. Donc, je te mets les 2, choisis celui que tu préfères hihi!).

Effacer le temps à grands coups de billets

Pourquoi alors faut-il toujours empêcher la nature de suivre son cours? Pourquoi faut-il dépenser des centaines, voire des milliers de dollars par année pour effacer toute trace d’expérience sur notre visage et notre corps? Moi aussi, j’embarque dans ce phénomène et je panique en voyant mon corps vieillir. Moi aussi, j’aurais envie de dépenser toute ma paie pour les meilleures petites crèmes qui sont hors de prix, des traitements au laser, des injections, etc. Je ne le fais pas, peut-être parce que je n’ai pas encore atteint un point où ça me dérange tant que ça …et on ne se cachera pas que c’est un peu hors de mes moyens. Je me demande, par contre, qu’en sera-t-il quand ces signes de l’âge prendront le dessus sur tout le reste lorsque je me regarderai dans le miroir? Est-ce que je serai prête à tout, moi aussi, pour entrer dans ce moule? Attention, je ne suis pas en train de juger les femmes qui mettent beaucoup d’argent sur leur apparence. Au contraire, je les comprends. D’un autre côté, je me demande comment on a pu se rendre jusque-là. Des soins densifiants, repulpants, détoxifiants, restaurateurs de fermeté, drainants, anti-rides, tonifiants, en voulez-vous? Il y en a de toutes les sortes. Je ne suis pas une habituée des instituts esthétiques, donc je ne m’y connais pas beaucoup mais, quand j’ai visité quelques sites web dernièrement, j’ai été complètement dépassée de voir tout ce qui pouvait exister et à quel point ça peut être facile de dépenser des milliers de dollars annuellement pour être belle et ne pas vieillir.

Peut-être penses-tu, avec ce que je dis, que je suis une fille qui ne se maquille jamais, qui ne s’épile pas et qui ne prend pas soin d’elle physiquement. Ce n’est pas le cas. J’aime être belle et je prends soin de moi. Je me questionne seulement à savoir où est la limite. Il existe de plus en plus de traitements, les femmes dépensent de plus en plus pour les avoir et les standards de beauté s’élèvent et se dénaturent de plus en plus. Je pense à la femme monoparentale qui travaille au salaire minimum à 40 heures/semaine et qui peine à payer le loyer chaque mois. Elle a, elle aussi, beaucoup de pression à devoir être belle et paraître jeune. À côté, il y a la femme d’affaires qui fait 90 000$ par année et qui se paie tous les traitements qui peuvent exister pour rester ferme jusqu’au dessous des bras. Bien sûr que la maman monoparentale risque de vieillir physiquement beaucoup plus vite. Peut-être lui dira-t-on qu’elle est belle comme elle est (j’ose l’espérer!), mais serait-il possible qu’à force de se comparer à des femmes qui sont de plus en plus nombreuses à dépenser beaucoup pour leur apparence, elle finisse par se trouver moche en se regardant dans le miroir? Encore une fois, je ne juge aucunement les femmes qui dépensent beaucoup pour leur physique dans mes propos, mais je questionne la manie de la société de toujours vouloir paraître plus jeune et cacher les imperfections.

Des soucis qui commencent tôt

Je le constate de plus en plus dans mon entourage. Si, auparavant, on se contentait d’aller chez la coiffeuse pour une coloration quelques fois par année et chez l’esthéticienne pour une épilation des sourcils ou du bikini, on n’en est plus là. Extensions de cils, de cheveux, microdermabrasion, microblading, microneedling, drainage lymphatique, photorajeunissement, thermage, coolsculpting, hotsculpting, tightsculpting, lasers, botox, injections de neuromodulateurs, peeling glycolique, lumière pulsée, fraxel, infusion de sérum à l’oxygène, lifting et j’en passe (ne me demande pas qu’est-ce qui est quoi, je n’en connais pas la moitié)! Ce n’est plus seulement matante Gertrude la millionnaire de 60 ans qui se paie ce genre de choses,  ce sont de jeunes filles qui sont prêtes à surcharger leur carte de crédit et mettre moins de beurre sur la table pour être belles comme les autres. Je crois que je n’exagère pas en disant qu’on a dépassé les bornes. Est-ce que c’est normal qu’une fille de mon âge s’en fasse déjà avec ces quelques petites rides? En plus, je peux me considérer chanceuse de commencer à ressentir cette pression-là à mon âge seulement puisque, de nos jours, ça arrive à des jeunes filles de 20 ans de se trouver des défauts de vieillesse et même de déjà commencer à intervenir pour ralentir tout ça! Imagine comment ces filles vont se sentir à 50 ans. Ce sera quoi, les solutions, à ce moment? La chirurgie esthétique? Probablement.

C’est malheureux, car ce qu’on considère comme étant des traces de vieillesse qu’on doit effacer à tout prix a pourtant son charme et fait partie de qui on est. On n’est pas des robots ou des poupées, on est des humains. À force de dénormaliser toute forme de ride ou de mou de bras, on finit par croire que c’est laid et qu’on ne devrait pas en avoir. On a besoin de toute une force de caractère pour ne pas embarquer dans cette roue sans fin de la quête de la fontaine de Jouvence.

Et si, ensemble, on prenait la décision de renormaliser ce qui est normal, soit de vieillir, que notre peau se plisse, que des taches se forment sur notre peau, qu’on soit moins ferme, qu’on accumule quelques kilos. Je ne dis pas de ne plus prendre soin de soi mais, n’y a-t-il pas un juste milieu, un équilibre physique, mental…et budgétaire à respecter? Je te laisse en juger par toi-même. 🙂

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Question poids : Y’en n’a pas de magie!

Perte de poids: Crois-tu qu’on puisse simplement suivre une recette toute prête pendant quelques semaines et miraculeusement avoir le poids souhaité pour le reste de notre vie en « faisant attention après »? Je t’aide à y voir clair!

Comme nutritionniste, on se fait dire toutes sortes d’affaires en lien avec le poids. Ce que j’entends le plus souvent est: « Fais-moi un menu/plan alimentaire, je veux perdre du poids, donc je vais suivre ça un bout de temps ». Les gens croient naïvement qu’ils peuvent simplement suivre une recette toute prête pendant quelques semaines et miraculeusement avoir le poids qu’ils souhaitent pour le reste de leur vie en « faisant attention après ». C’est ce qui fait que les « diètes » sont toujours à recommencer. Ce sont des cycles de motivation – perte de poids – démotivation/découragement – gain de poids et ainsi de suite (voir la version un peu plus complète du cercle vicieux sur l’image ci-dessous).

CERCLE VICIEUX DES RÉGIMES. Source: Groupe Équilibre. https://equilibre.ca/

C’est vrai qu’il y a eu un temps où c’était à la mode même chez les nutritionnistes d’utiliser cette méthode…qui peut d’ailleurs s’appliquer dans certains cas précis, mais qui n’a que très peu de succès en ce qui concerne le maintien d’une perte de poids à moyen/long terme. C’est simple, si tu ne fais pas ta « diète » toute ta vie, tu risques fortement de reprendre le poids que tu as perdu.

Probablement que tu te dis : « j’suis quand même pas pour être à la diète toute ma vie?! ». Premièrement, c’est souvent déjà le cas, c’est juste entrecoupé de certaines périodes de ce que tu considères comme étant du « laisser-aller ». Deuxièmement, moi aussi, je trouve ça bien illogique et bien plate d’être à la diète toute sa vie et je crois qu’il est franchement temps que les gens rejettent enfin la mentalité de la culture de la diète et commencent à apprivoiser leur corps et tous les aliments…à enfin apprendre à vivre sans être dans un perpétuel combat avec eux-mêmes!

Et si, en tentant d’éviter le surpoids, on faisait tout le contraire?

La majorité de ma clientèle me contacte pour perdre du poids. Qui ne souhaite pas en perdre, d’ailleurs? Très peu de gens. Parce qu’on nous a appris qu’on devait être mince pour être en santé (ce qui est faux) et parce que le surpoids est vu par plusieurs comme quelque chose de mauvais. On ne voit pas une personne en surpoids, on voit une personne faible, incapable de se contrôler. Mais tout ça, c’est juste parce qu’on nous l’a enseigné. La culture de la diète nous le rentre dans le crâne depuis de nombreuses années. Donc, on ne veut surtout pas être cette personne un peu ronde et on fait des régimes pour éviter ou arrêter de l’être mais, ce qu’on ne comprend pas, c’est que ce sont ces régimes qui nous rendent la vie dure et qui finissent par nous faire de nous des obsédés de la bouffe et des calories. On oublie que les calories, c’est ce qui nous fait vivre. On oublie que la nourriture, c’est un des plus grands plaisirs de la vie. On oublie qu’on est des êtres humains avec des émotions, des sensations, des souvenirs et des besoins. Quand ton corps te dit que tu dois aller aux toilettes parce que ta vessie est pleine, tu l’écoutes? Alors, pourquoi refuse-t-on trop souvent de faire confiance à notre corps en ce qui concerne la nourriture?

Traduction: Uriner de façon intuitive. Imagine si on répondait de la même façon à une envie d’uriner que ce qu’on fait avec une envie de manger. « Il n’en est pas question, j’ai assez uriné hier! Aujourd’hui, je n’irai uriner qu’une seule fois! », « Je ne peux pas encore avoir envie d’uriner, je devrais peut-être mâcher de la gomme », « Oh mon Dieu, je n’en reviens pas à quel point j’ai uriné souvent aujourd’hui, je suis dégueulasse! », « Pourquoi tout le monde est capable de bien gérer ses envies d’uriner, alors que j’en suis incapable? Qu’est-ce qui ne va pas avec moi? » Source: https://www.reddit.com/r/intuitiveeating/comments/ewb3dk/i_found_this_in_an_evil_subreddit_in_which/

La culture des diètes nous enseigne, dès notre plus jeune âge, à ne pas faire confiance aux signaux que nous envoie notre corps. Tu n’as pas faim, c’est mauvais, d’avoir faim. Tu n’as pas envie de gâteau, c’est mauvais, du gâteau. Ne te prends pas une deuxième assiette, c’est mal, de prendre une deuxième assiette. Si tu manges ça, tu vas être gros et, si tu es gros, personne ne va t’aimer. On grandit comme ça, en ayant peur de ce qui, pourtant, devrait être notre plus grand allié : notre corps. Celui qui sait le mieux ce dont il a besoin.

CERCLE VICIEUX DE LA PRIVATION. Source: Groupe Équilibre. https://equilibre.ca/

C’est pour ça que, quand les gens viennent me voir en me disant : « mais tu vas me dire quoi manger là, tu vas me dire combien de portions j’ai besoin, tu vas me calculer tout ça »… je réponds : « non ». Certains sont apeurés par ça et se sauvent en courant pour aller vers ce qu’ils connaissent le mieux : les diètes. C’est rassurant. On te dit quoi manger, en quelle quantité, quand tu vas le faire, et on te promet que tu perdras du poids à condition de respecter la recette à la lettre. Si tu n’y arrives pas, ce sera de ta faute.

Si tu manges moins et que tu dépenses plus, oui, il est possible que tu perdes du poids à court terme (en théorie car, parfois, le corps nous joue des tours). La question demeure : « Pendant combien de temps? ». Qu’est-ce qui va se passer après? Que vas-tu faire dans ton quotidien, quand tu auras moins de temps à consacrer à ton projet de perte de poids, quand tu seras moins motivée, quand tu vas être tannée de toujours manger la même chose, quand ton poids va stagner sur la balance, quand ce sera le temps de Fêtes, quand tu vas te trouver une grosse lâche d’avoir dérapé dans la boîte de biscuits en te disant que tu as tout gâché, etc.? Malheureusement, tu risques de constamment avoir peur de reprendre ton poids et de toujours vivre dans un climat de restrictions et de culpabilité.

Donc, quand je te dis que je ne te ferai pas de plan précis avec des portions bien établies pour t’aider à perdre du poids, c’est pour ces raisons. Parce que ça peut marcher un bout, mais pas pour tout le temps. À quoi servent tous ces efforts si ça ne dure pas?

Et si, plutôt que de vouloir perdre du poids à tout prix, tu misais plutôt sur la redécouverte de son corps, de tes signaux corporels, sur l’acceptation de soi, sur ce que tes démarches de perte de poids antérieures ont eu comme impact sur toi, sur tes comportements alimentaires et ce qui les motive et SURTOUT, sur tes VRAIES priorités dans ta vie. Qu’est-ce qui se cache réellement derrière cette envie de perdre du poids? Oui, ça va aussi loin que ça. Tant que tu n’auras pas fait le point sur tout ça, tu risques de rester dans un cycle éternel de perte/reprise de poids.

Bien sûr, je ne te laisse pas dans un néant total non plus concernant l’alimentation…c’est quand même ma job! C’est important d’avoir de bonnes connaissances pour avoir le pouvoir d’offrir à notre corps ce dont il a besoin, autant physiquement que mentalement. On ne parle pas ici de règles alimentaires strictes à suivre, mais bien de connaissances qui nous aident à mieux comprendre notre corps et ses besoins.

Parfois, j’aimerais être celle qui répand de bonnes nouvelles et qui dit aux gens que la solution miracle existe enfin pour perdre du poids, qu’on a finalement trouvé LA recette pour réussir à coup sûr. J’aimerais aussi ne plus être la pas fine qui ramène les gens à la réalité, qui doit constamment rappeler que les diètes existent depuis des années, mais qu’on n’a jamais été autant en surpoids, donc que les méthodes qu’on utilise depuis des lustres et qu’on recycle des années plus tard en version un peu déguisée (qui reviennent toujours à couper les glucides ou couper les gras tout dépendant de quelle équipe tu fais partie) ne fonctionnent tout simplement pas pour la majorité des gens (95%).

Malheureusement, ça ne risque pas d’arriver parce que je ne crois pas qu’il puisse un jour exister une telle recette et je crois aussi que je devrai me battre encore longtemps pour faire changer les mentalités. Le corps est une machine complexe. Manger fait partie de notre quotidien et implique beaucoup plus que le simple fait de se nourrir. Le poids, c’est peut-être, pour certains, la banale équation des calories ingérées – les calories dépensées, mais il existe tellement de facteurs qui influencent chacune des données de l’équation que de limiter le tout à des mathématiques, c’est de passer à côté de l’essentiel!

Finalement, je crois qu’il est temps qu’on comprenne enfin qu’il vaut mieux revenir à la base avec une alimentation plus intuitive. Avec cette approche, on ne vise pas la perte de poids, mais plutôt une relation saine avec son corps et la nourriture et une bonne santé globale (physique ET mentale). Elle n’implique ni miracle, ni magie, juste du gros bon sens et plein de bienveillance. Voilà ce en quoi je crois.

Voici mon programme « Mieux dans mon corps » basé sur les principes présentés dans cet article. ATTENTION: Assure-toi de bien écouter la vidéo de présentation et de comprendre les objectifs du programme avant de te lancer. Mon but n’est pas de vendre à tout prix, mais bien de vendre aux personnes qui sont réellement intéressées par cette approche! Si c’est le cas, clique sur la photo pour + d’infos!

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Non Bidou, ce n’est pas qu’une simple question de sélection naturelle

On est actuellement plongé dans une période qui marquera notre histoire. Vivre une pandémie, c’est inquiétant, et ce l’est d’autant plus à l’ère des réseaux sociaux et de la désinformation. Heureusement, la majorité des gens a fini par entendre raison (pas sans avoir douté de la gravité de la situation pendant quelque temps), mais il reste encore et restera toujours quelques récalcitrants qui croient avoir un cerveau si évolué que les gens ordinaires ne peuvent tout simplement pas comprendre leur vision des choses tellement leur supériorité est extraordinaire et inaccessible. La science, ce n’est pas pour eux. Ils sont au-dessus de ça.

Aujourd’hui, je vais délaisser mon chapeau de nutritionniste pour mettre mon chapeau de citoyenne parce que, même en faisant partie de la communauté scientifique, on a aussi le droit d’avoir une opinion et de l’exprimer.

Depuis le début de l’éclosion du coronavirus à Wuhan, on a tous entendu des tonnes d’affaires :

  • « C’est pas pire que la grippe »
  • « Il y a plus de monde qui meurent de ben d’autres choses que de ça »
  • « Moi, toute façon, j’suis pas à risque »
  • « Ça va tuer ben plus d’entreprises que de monde »
  • « Ils parlent de ça au lieu de parler d’environnement »
  • « Les médias exagèrent et veulent juste nous faire peur »
  • Etc.

Mais, la phrase qui, selon moi, est la big big winner de toutes, c’est quand j’entends :

« Ça, c’est ce qu’on appelle la sélection naturelle, les plus faibles meurent pis ça fait le ménage, ça a toujours été de même ».

Ataboy. La première chose que j’aurais envie de répondre à ces personnes, c’est que, si ça marchait réellement comme ça, elles seraient mieux de se surveiller parce que la sélection naturelle est à la veille de sonner à leur porte. Mais, je suis quand même un peu polie, des fois.

C’est vrai, la vie a, à travers les années, fait en sorte que certaines personnes s’en sortent mieux que d’autres et ça a créé, au fil des générations, des humains un peu plus aptes à survivre sur cette planète. L’adaptation semble être la clé : mieux on s’adapte, plus on survit. Par contre, l’adaptation, ça ne veut pas dire de s’asseoir sur ses lauriers et laisser la Vie décider de notre sort, ça veut de dire de prendre les moyens pour s’en sortir, être débrouillard, être dans l’action.

Si nos ancêtres avaient décidé de tout laisser entre les mains de la sélection naturelle, tu ne serais peut-être pas de ce monde, Bidou. Si ton grand-père s’était dit « non, je ne me fais pas vacciner contre la variole, je vais laisser la Vie choisir si je mérite de survivre » et qu’il en était finalement mort, tu ne serais pas là. Si les médecins n’avaient pas eu l’idée audacieuse d’ouvrir le ventre des mères pour aller chercher les bébés mal positionnés, ta mère n’aurait pas pu avoir une césarienne et vous seriez morts tous les 2.  S’il n’y avait pas quelqu’un qui s’était dit, un jour « et si on prenait de l’insuline de porc pour l’injecter aux personnes souffrant de diabète? », tous les diabétiques que tu connais seraient morts. Ici, je donne des exemples de choses qu’on prend pour acquis. « Ben voyons, on ne meurt pas de ça, le diabète! ». « Franchement, la variole, ça n’existe même plus! ». « Il y a juste dans les pays pauvres que des femmes meurent en accouchant! ». Pourquoi est-ce qu’on prend tout ça pour acquis? Parce que d’autres personnes, avant nous, ont relevé leurs manches et ont trouvé des solutions.

Aujourd’hui, la solution est beaucoup plus simple que ça. Tu restes chez vous. Point. « Ouin, mais moi je m’en fous parce que j’en mourrai pas ». Hey, wake up, tu peux sauver des vies! Ça n’a jamais été aussi simple de déjouer ta foutue sélection naturelle et de sauver plein de gens. Lâche ton nombril un peu. En plus, dis-toi que, puisque tu aimes tant te prendre pour Dieu, aujourd’hui, tu peux le faire pour vrai, donc profites-en. Ton grand-père mérite moins la vie que toi? Ta voisine atteinte de fibrose kystique serait mieux de mourir, alors qu’elle aurait encore plusieurs belles années de vie devant elle? Ton neveu, qui avait déjà beaucoup de complications dû à la fragilité de ses poumons, mérite de mourir parce qu’il n’y avait plus de respirateur disponible à l’hôpital? Tout ça, juste pour que ta vie ne soit pas trop chamboulée? Ou juste pour une question de laisser la Vie se charger de la sélection naturelle?

Heureusement que, avec la sélection naturelle, la Vie a décidé de garder les plus débrouillards, ingénieux, proactifs, ceux qui ont fait que tu puisses non seulement vivre, mais aussi avoir une belle qualité de vie. Selon la neuroscientifique Sonia Lupien, qui étudie le stress et son évolution, ce ne sont ni les plus stressés, ni les moins stressés qui ont survécu dans l’histoire (voir son texte de blogue ici), ce sont ceux qui se situent au centre de la courbe. Donc, effectivement, on ne doit pas capoter et courir dans tous les sens comme des poules pas de tête en ne sachant pas quoi faire, mais il ne faut pas non plus refuser d’entendre l’avis des spécialistes et mettre sa vie et celle des autres en danger en étant trop relax.

Donc, à toi qui penses que ta génétique est plus hot que celle des autres et qui se croit au-dessus de tout ça, si jamais la sélection naturelle décidait, par malchance, que ça se terminait là pour toi, n’oublie pas de saluer ton grand chum Adolf rendu de l’autre bord.

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Non, vous n’aurez pas le cancer du sein en buvant du lait!

J’en ai vraiment assez de cette stupide mode anti-lait qui se propage en Amérique du Nord sans raison valable. Les attaques viennent de partout et les grosses entreprises (comme, pour ne pas la nommer, celle qui, ironiquement, porte le nom du plus légendaire des taureaux) en profitent évidemment pour surfer sur cette vague et empirer les choses en prétextant vouloir aider à la santé des gens et de la planète, mais on sait très bien qu’il s’agit seulement que d’une autre façon de faire plus d’argent. Pourquoi s’en prendre à un aliment de base riche en toutes sortes de nutriments, alors qu’on devrait plutôt se questionner sur toutes les boissons riches en sucres ou en édulcorants qu’on consomme quotidiennement et qui n’ont aucune ou qu’une faible valeur nutritive : boissons gazeuses, boissons énergisantes, thés/cafés/eaux aromatisés et faussement vendus comme étant « naturels », kombucha, etc. Savez-vous qu’au Canada, on consomme, en moyenne, seulement 2/3 tasse de lait par jour par habitant (1) (ça inclut le lait dans les recettes), alors qu’on consommait encore, en 2015 (dernières données), 1 tasse de boisson gazeuse ou de jus sucré par jour par habitant (2)? Et cette quantité n’inclut pas les autres boissons sucrées.

« C’est une question d’environnement », direz-vous, parce que les méchants producteurs laitiers sont en train de détruire la planète? Encore là, c’est une fausse rumeur à la mode. La production de lait au Canada ne constitue que 1% des émissions de GES (gaz à effet de serre) au pays et l’empreinte environnementale du secteur est en constante diminution (3).

Mais qu’est-ce qu’on pourrait trouver d’autre, de plus original, pour poursuivre inutilement cette guéguerre?  Ah! Mais oui, le cancer! LE mot à prononcer pour faire paniquer tout le monde. C’est d’ailleurs la dernière bombe qui est sortie dans les médias. Là, j’en ai eu plus qu’assez, je me devais de mettre les choses au clair.

L’étude en question

En fait, pour ceux et celles qui auraient manqué cette grosse sortie médiatique drama queen, on pouvait récemment lire en gros titres qu’une étude a conclu que de consommer 1 tasse de lait par jour augmentait le risque de développer un cancer du sein de 50% et que, si on aimait vivre dangereusement et qu’on osait boire de 2 à 3 tasses par jour, le risque était augmenté de 70 à 80%. Merde, je vais mourir, c’est sûr. Bizarrement, cette étude n’avait rien de concluant pour le yogourt et le fromage…pourtant fait avec du lait. Logique! 

Dans les articles, on pouvait aussi lire que «les chercheurs ont observé une corrélation entre l’apparition du cancer du sein et la consommation de lait ». Pour le commun des mortels, c’est facile de conclure que le lait cause le cancer du sein avec cette phrase-là, donc en ajoutant des pourcentages effrayants, on capote! Mais, avant de jeter votre lait dans le lavabo, on va essayer de comprendre c’est quoi ça, un lien de corrélation.

La corrélation, c’est quoi?

Comme je l’ai dit, l’étude a conclu à un lien de corrélation entre le lait et le cancer du sein, ce qui veut dire qu’on ne parle pas d’un lien de causalité. Autrement dit, ça pourrait être dû à n’importe quoi d’autre que le lait, mais étant donné que les femmes qui buvaient du lait ont davantage fait partie de celles qui ont développé un cancer du sein, on a conclu à la corrélation entre les 2 événements (boire du lait + cancer du sein).

[Parenthèse ici: sur 52 795 candidates, seulement 1057 ont développé un cancer du sein et l’étude ne dit pas combien d’entre elles consommaient du lait. Petit 🙄(grand) détail qu’ils ont omis.]

Dans un lien de causalité, on aurait prouvé que c’était le lait qui était responsable du développement du cancer, mais ce n’est pas du tout le cas. Pour vous aider à comprendre, je vais prendre un exemple d’un lien de corrélation que j’ai trouvé dans le quotidien « Le Monde »4.

En France, 57% des décès ont lieu à l’hôpital. Donc, la probabilité de mourir à l’hôpital est supérieure à celle de mourir à la maison. Est-ce que ça veut dire que c’est dangereux d’aller à l’hôpital? Non, parce qu’on sait que les gens vont à l’hôpital quand ils sont malades, donc ça va de soi qu’on meurt plus souvent à cet endroit. 

Vous voyez que, ce n’est pas parce qu’il y a corrélation entre 2 choses que l’une est la cause de l’autre. Il peut y avoir une tonne d’explications qui justifient cette corrélation.

Autrement dit, on aurait pu faire la même étude, mais avec la consommation de bananes. Si les femmes qui ont développé un cancer du sein mangeaient aussi des bananes, on pourrait donc dire qu’il y a un lien de corrélation entre la consommation de bananes et le cancer du sein. 

Des détails qui font toute la différence

L’étude peut sembler sérieuse et impressionnante quand on apprend que 52 795 femmes âgées en moyenne de 57 ans y ont participé et ce, sur 8 ans. C’est ce qu’on peut appeler une étude de grande envergure. Ça n’empêche pas qu’il y a eu plusieurs défaillances qui font en sorte que les résultats deviennent plus que douteux. 

La diète : Pour qu’une étude comme ça ait un peu d’allure, on doit au moins savoir ce qui se trouve dans l’assiette des gens…et vraiment MINIMALEMENT s’assurer que la consommation de lait reste constante. T’sais, on cherche à comprendre l’impact d’une consommation de lait, donc pour ça, il faut savoir la quantité de lait que la personne boit ou ne boit pas chaque jour. Mais…pouet pouet. C’est un détail qu’ils ont oublié de mesurer. Et ce n’est même pas une blague! Les chercheurs ont fait remplir un seul journal alimentaire aux participantes en début de recherche, puis, chow bye! Plus de questions là-dessus, ils n’ont fait que compiler les résultats à la fin de l’étude quant au développement ou non du cancer du sein en prenant pour acquis que la diète était restée exactement la même durant tout ce temps. Ma diète change d’une semaine à l’autre, imaginez en 8 ans!! Qui dit que la personne qui buvait 1 verre de lait par jour à ce moment-là l’a fait pendant 8 ans? On ne s’est pas plus questionné sur la qualité de la diète de la personne, par exemple sur la quantité de fruits et légumes consommés quotidiennement. Ça, la science l’a prouvé à plusieurs reprises: le fait de consommer beaucoup de légumes et fruits qui sont riches en antioxydants aide à prévenir l’apparition du cancer. Est-ce que les personnes qui en ont développé un en consommaient suffisamment? On ne le saura jamais. En plus, l’étude elle-même a montré que les femmes qui faisaient partie du groupe qui consommait du lait mangeaient aussi, en moyenne, plus de viandes rouges (déjà reconnues par l’Organisation mondiale de la Santé comme potentiellement cancérigènes si elles sont consommées en grandes quantités) et étaient moins actives. Ça ne prend pas un bacc. en sciences pour comprendre que le lait a peut-être pas mal moins à voir avec le risque augmenté de développer un cancer que le fait de manger plus de viandes rouges et d’être moins active…

Le poids : Nous savons déjà que l’obésité est un facteur de risque pour développer un cancer du sein. Les chercheurs disent avoir contrôlé la variable du poids pour éviter les biais (par exemple, conclure que c’est le lait le problème, alors que ce serait, en réalité, l’excès de poids) mais, encore une fois, en tournant les coins ronds, ils n’ont pesé les femmes qu’au début de l’étude. En 8 ans et en étant dans une période post-ménopause, on s’entend que les risques que leur poids ait changé est assez considérable. 

Risque relatif et risque absolu (c’est scientifique, mais ça vaut la peine de lire ce petit bout de texte pour le reste de ta vie!)

En journalisme, sortir des chiffres qui représentent des risques relatifs, c’est gagnant! Ce l’est, parce que ce sont des chiffres impressionnants, comme le 50% d’augmentation des risques de développer un cancer du sein avec seulement 1 tasse de lait par jour. À ce rythme-là, si ça marchait comme ça, les femmes seraient en voie d’extinction. C’est là qu’il faut comprendre la différence entre un risque relatif et un risque absolu. On parle d’un risque relatif quand on compare 2 groupes de personnes, l’un faisant quelque chose, l’autre non. Je vais vous donner l’exemple du site Eufic5 pour vous faire une démonstration d’un risque relatif vs un risque absolu :

On compare 2 groupes de personnes : des gens qui consomment des viandes transformées (jambon, charcuteries, saucisses) vs des gens qui n’en consomment pas du tout. On calcule un risque augmenté de développer un cancer des intestins de 18% chez les consommateurs de viandes transformées par rapport à ceux qui n’en mangent pas. C’est le risque RELATIF. 

Par contre, le risque de développer un cancer des intestins au cours d’une vie sans considérer aucun facteur en particulier, donc, pour tout le monde en général, est seulement que de 5,6%. Si on consomme des viandes transformées, ce risque est augmenté de 1% et est alors à 6,6%. C’est le risque ABSOLU. Autrement dit, quand on regarde les chiffres indépendamment (et non en comparant 2 groupes), le risque de développer un cancer des intestins dans une vie n’est pas tellement plus élevé quand on consomme des viandes transformées que quand on n’en consomme pas. 

Revenons donc à notre étude. Selon eux, une personne qui boit 1 tasse de lait par jour à 50% plus de risques de développer un cancer du sein qu’une personne qui n’en boit pas (n’oubliez pas qu’il s’agit d’un lien de corrélation et non de causalité!). Ce pourcentage est le risque relatif, car on a comparé 2 groupes. Par contre, quand on regarde le risque absolu, c’est-à-dire quels sont les risques de développer un cancer du sein dans notre vie si on boit du lait vs si on n’en boit pas, sans comparaison avec personne, on parle d’un risque augmenté de 2% (toujours selon les données de cette étude). Au Canada, on estime qu’une personne sur 8 sera atteinte du cancer du sein au cours de sa vie6, donc 12,5% des gens. Si on ajoute le 2% pour une personne qui boit du lait (selon l’étude encore, je tiens à le préciser), le risque absolu serait de 14,5%. On est passé d’un risque augmenté de 50% à un risque augmenté de 2%…pas mal moins alarmant. Mais ça, ça ne vend pas 🤷‍♀️

Et tout ça, c’est en considérant que l’étude est bien faite mais, avec ce que je vous ai présenté ci-dessus, vous comprenez qu’il y a plusieurs facteurs qui permettent de douter fortement de ses conclusions.

Ce que j’en conclus

La vraie question à se poser est peut-être : pourquoi investit-on de l’argent dans une recherche qui cherche à montrer que le lait cause le cancer du sein? On n’a pas d’autres priorités, il me semble?! Surtout en sachant que d’autres études ont déjà essayé de prouver ce lien, mais n’en sont jamais arrivées aux conclusions qu’elles voulaient. Lâchez prise, gang!

Chaque fois qu’on vous parle d’une étude dans les médias, dites-vous qu’il s’agit d’UNE SEULE étude. Aucune recommandation scientifique n’a été établie à partir d’une seule étude. Ce sont les conclusions de plusieurs études bien exécutées et reconnues par un ensemble de scientifiques qui servent d’appui aux recommandations qu’on vous fait. Donc, si les résultats d’une étude vous inquiètent, avant de suivre la foule qui s’en va directement vers le volcan en éruption sans réfléchir, prenez le temps de respirer et de poser des questions aux bonnes personnes, les spécialistes du domaine (et là-dessus, j’ai déjà écrit tout un texte).

N’oubliez pas que le production laitière au Canada, c’est près de 12 000 fermes, 221 000 travailleurs et 19,9 milliards (chiffre de 2015) en contribution au PIB canadien7. Avant d’entacher la réputation du milieu sans avoir des preuves en béton, pensons aussi aux conséquences et à tous les gens qui seront touchés.

Là-dessus, je m’en vais boire mon verre de lait!

*Merci à la nutritionniste Abby Langer de la Nouvelle-Écosse qui a rédigé un article en anglais avec l’aide d’un épidémiologiste, ce sont les explications apportées dans cet article qui m’ont permis de vous vulgariser l’étude. Le texte de Mme Langer est disponible en entier ici: https://.com/no-milk-is-not-going-to-give-you-breast-cancer-the-latest-study-decoded/

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Sources :

  1. Statistique Canada; Compilé par Agriculture et Agroalimentaire Canada, Division de l’industrie animale, Section d’information sur les marchés. |En ligne|: https://aimis-simia-cdic-ccil.agr.gc.ca/rp/index-fra.cfm?action=gR&r=760&signature=DEECC05FD139BE31153B33A3CDC379D3&pdctc=&pTpl=1#wb-cont Consulté en mars 2020.
  2. Radio-Canada. |En ligne|:  https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/784675/consommation-boisson-sucree-etude-canada-obesite Consulté en mars 2020.
  3. La Voix de l’est. « Réponse à Sylvain Charlebois ». Par Pierre Lampron. 3 mars 2020. 
  4. Le Monde. |En ligne|: https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/01/02/correlation-ou-causalite-brillez-en-societe-avec-notre-generateur-aleatoire-de-comparaisons-absurdes_5404286_4355770.html Consulté en mars 2020.
  5. Eufic. |En ligne| https://www.eufic.org/fr/understanding-science/article/risque-absolu-contre-risque-relatif-quelle-est-la-difference Consulté en mars 2020.
  6. Société canadienne du cancer. |En ligne|: https://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-type/breast/statistics/?region=on Consulté en mars 2020.
  7. Les Producteurs laitiers du Canada. |En ligne|: https://producteurslaitiersducanada.ca/fr/lait-au-canada Consulté en mars 2020.

Mythe ou réalité? Teste tes connaissances en nutrition!

Crois-tu avoir de bonnes connaissances en nutrition? Parfois, on est convaincu de la véracité d’une chose, car on l’entend depuis des années, mais on peut être surpris de constater que ce n’est finalement qu’une croyance populaire. Penses-tu que tu as quelques fausses croyances ou que tes connaissances sont béton? Fais le test pour voir!

Mythe ou réalité?

  1. Les produits allégés ne sont souvent pas si légers.
Des chips légers? Hum?!

Réalité! Dans les produits allégés, la majorité du temps, on remplace une partie du gras par beaucoup de sucres pour garder un goût et une texture acceptables, ce qui fait en sorte qu’en bout de ligne, la différence de calories est minime entre un produit et sa version allégée. En plus, quand on prend un produit allégé, on peut avoir un faux sentiment de sécurité qui nous pousse à manger plus que ce qu’on l’aurait fait avec la version régulière. On appelle cet effet « halo santé ». Maintenant que tu le sais, ne tombe plus dans le panneau! Les seuls produits qu’on devrait prendre en version allégée sont les fromages. Il est préférable de les prendre avec 20% de matières grasses ou moins.

2. La banane et le fromage peuvent causer la constipation.

Mythe! Aucun aliment n’est responsable d’un problème de constipation. Les gens ont souvent tendance à en venir aux conclusions un peu trop rapidement et faire des liens de cause à effet qui sont, en réalité, inexacts. Ce qui peut causer la constipation chez une personne en santé, c’est un manque de fibres dans son alimentation (on retrouve des fibres dans les : fruits et légumes, produits céréaliers à grains entiers, noix et graines, légumineuses, etc.), une hydratation insuffisante, un manque d’activité physique ou la prise d’un médicament. Pense à ça la prochaine fois avant de bannir les bananes et le fromage de ton alimentation!

3. Les sucres contenus dans les fruits sont des bons sucres.

Mythe, mais…! Les sucres contenus dans les fruits sont des sucres simples qui se digèrent rapidement, un peu comme ceux qu’on retrouve dans le sucre de table qu’on utilise pour faire des desserts. Quand ça se digère rapidement, on a faim plus vite. Autrement dit, ce sont des sucres qui ne bouchent pas un coin pendant très longtemps. Ils font monter notre taux de sucre dans le sang d’un coup, puis il redescend rapidement (quand on n’est pas diabétique), ce qui fait qu’on a faim plus vite. Ce n’est pas le genre d’effet qu’on cherche à avoir trop souvent pour garder une bonne santé globale. Par contre, c’est important de comprendre qu’un aliment, ce n’est pas qu’un seul nutriment (ex. : le sucre), mais un ensemble de nutriments qui interagissent ensemble. Dans les fruits, il y a beaucoup de fibres. Elles forment la partie des végétaux qui n’est pas digérée par notre corps, donc elles restent intactes dans notre estomac et nos intestins. Elles agissent donc comme des barrières aux sucres qui circulent et qui essaient d’entrer dans notre sang. Résultat : les sucres sont digérés et absorbés moins rapidement. En d’autres mots, même si les fruits contiennent des sucres qui ne sont pas, en théorie, les meilleurs pour notre santé, les fibres qu’ils contiennent annulent l’effet négatif que les sucres pourraient avoir. Donc, ne stresse pas en mangeant des fruits, au contraire, ils sont excellents pour ta santé! Toutefois, fais attention avec les jus, car ils ne contiennent pas de fibres, donc pas de barrières.

4. Quand on mange moins, l’estomac rétrécit.

Mythe! L’estomac est comme une balloune qui grossit quand il est plein et reprend sa forme initiale quand il est vide. Jamais il ne devient plus petit qu’il ne l’était, sauf après une chirurgie bariatrique. Quand on mange, puisque le tissu de l’estomac est élastique, il prend de plus en plus d’expansion. Puis, au fur et à mesure que les aliments sont digérés et envoyés vers les intestins, l’estomac se vide tranquillement et retrouve les mêmes dimensions qu’avant le repas. On ne peut pas diminuer l’élasticité de notre estomac, le rendre « plus lousse », les fibres musculaires sont assez solides pour tenir le coup et sont faites pour ça. Si on a l’impression que notre appétit diminue quand on mange moins, c’est simplement qu’on est plus attentif à nos signaux de satiété. Quand on mange trop, on n’écoute pas les signaux que nous envoie notre corps. Quand tu te dis : « je vais exploser! », ça fait déjà longtemps que ton estomac a envoyé un signal à ton cerveau pour te dire : « c’est assez! », mais tu ne l’as juste pas écouté. En mangeant moins, on réalise qu’on n’a pas besoin d’autant de nourriture pour recevoir le signal de satiété. Ton corps fait bien son travail, apprends à l’écouter!

5. Les fruits et légumes surgelés sont très nutritifs, parfois même plus que les frais.

Réalité! La surgélation se fait peu de temps après que les légumes et fruits aient été cueillis à bonne maturité. Le procédé est très rapide et ne détruit que très peu de vitamines et minéraux. Durant l’hiver, la majorité des fruits et légumes frais ont fait beaucoup de route pour se rendre jusqu’à notre épicerie et ont donc perdu quelques vitamines et minéraux dans le transport. Plus ils ont été manipulés, plus il y a de risques qu’il y ait eu des pertes. Étant donné que les légumes surgelés subissent moins de manipulations et sont moins endommagés dans le transport, il y a des périodes de l’année où il est tout à fait possible qu’un fruit ou un légume surgelé soit un peu plus nutritif qu’un frais. Évidemment, quand tu peux acheter local, la valeur nutritive est toujours meilleure!

Et puis? Quel est ton score? Partage l’article avec tes amis pour voir s’ils peuvent te battre! 😉

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Nouvelle année, nouvelle moi?

C’est le genre de slogan qu’on utilise pour pousser les gens à se lancer dans les plus récents régimes à la mode. On sait que janvier est synonyme de changements, de résolutions, de remise en forme. La question que je me pose est « a-t-on vraiment besoin d’une nouvelle version de soi-même avec les débuts d’année? ». L’expression « nouvelle année, nouvelle moi » peut sembler anodine, mais si elle avait plus d’impacts sur notre estime personnelle que l’on ne croit?

On nous pousse constamment à devenir meilleure dans tout dans la vie : meilleure maman, meilleure blonde, meilleure cuisinière, meilleure sportive, meilleure « maîtresse de maison », meilleure professionnelle, etc. C’est bien d’avoir des objectifs, des buts qui nous stimulent, qui font en sorte qu’on se sente vivante et qui nous motivent à se lever le matin. Le problème, c’est que la société d’aujourd’hui pousse le concept à l’extrême. Il faudrait être parfait partout, dans tout. Dans ce cas, ce ne sont pas nos passions et nos buts qui nous encouragent à nous surpasser, mais une pression externe à soi-même, et ça, c’est tout sauf positif, tout sauf bon pour notre santé physique et mentale.

Dans n’importe quel domaine, y compris celui que je connais le plus, soit l’alimentation, c’est prouvé que ce qui nous aide le plus à atteindre nos objectifs, c’est la motivation intrinsèque, celle qui vient de nous, de notre intérieur. Par exemple, si tu veux perdre du poids parce que ton chum trouve que tu as quelques livres en trop, les chances que tu y arrives (incluant le maintien de la perte de poids à long terme) sont minces. Plus on a de la pression de l’extérieur à perdre du poids, plus cette pression deviendra un obstacle. Donc, avant de te lancer dans une quelconque démarche de perte de poids, réfléchis comme il faut à ce qui te pousse à la faire….et si c’est réellement ce tu dont tu as besoin (je t’invite à lire mes plus récents textes pour voir la perte de poids sous un angle différent).

Oprah a beaucoup d’influence chez les femmes américaines…
Quoi de mieux qu’un avant/après pour convaincre les gens? Recommandé par 15 000 docteurs en plus, wow, c’est presque trop beau pour être vrai….! 🙄
Un fruit magique, regarde donc ça!
On utilise souvent des stars pour faire la promotion des diètes.

Une meilleure version de moi-même?

À force de voir les publicités du mois de janvier et d’entendre les commentaires des gens qui embarquent dans toutes sortes de modes alimentaires ou de fitness durant cette période de l’année, tu as certainement fini par croire que c’est absolument nécessaire de profiter de janvier pour changer, devenir quelqu’un de mieux, de plus mince, plus sportif, qui mange sa p’tite salade le midi et qui ne foxe pas le cours de Pilates du mardi soir.

Tu n’as pas besoin de suivre cette mode. Tu es très bien comme tu es et ne laisse personne te faire sentir autrement. Qui est parfait? Une personne, ça vient avec des défauts, physiques et psychologiques. On prend des résolutions en début d’année pour améliorer certains de ces « défauts », mais ça ne dure pas. Pourquoi? Parce qu’on est qui on est, on est comme on est et c’est correct comme ça. Chasse le naturel et il revient au galop. Bien sûr, on peut améliorer certains aspects de notre vie! On peut toujours se donner des objectifs réalistes et bienveillants, comme de faire une plus grande place aux aliments nutritifs et/ou à l’activité physique dans notre vie, sans que ce soit obligé d’être relié au poids. Tout le monde bénéficie de nourrir son corps de façon à se sentir bien (ce qui est bien différent de juste « bien manger » selon la définition de la culture des diètes) et de bouger souvent, idéalement par plaisir et non pour brûler des calories! Tout n’est pas qu’une question de poids!

Dans tous les cas, il faut que ça reste agréable et que ça reflète qui tu es vraiment parce que, si ce n’est pas le cas, ça ne sert à rien, tu perds ton temps qui est précieux. Une vie, on en a juste une.

D’ailleurs, la vie ne devrait pas être un constant combat entre toi et la bouffe ou l’activité physique, entre toi et la balance. Arrêtons de se la gâcher pour atteindre les standards de gens dont on se fout. La vie, ça devrait être toi, ton bien-être et celui des gens que tu aimes, point final. Les gens qui t’aiment t’aiment comme tu es, pas avec 20 livres en moins ou avec des abdos en plus. S’ils ont besoin de ça pour arriver à t’aimer, c’est que cet amour n’est pas sincère.

Et toi, comment te perçois-tu? La façon dont on parle de soi-même (ex. : toujours parler de ses défauts), de l’alimentation (ex. : je triche, je mange une poutine) ou de l’activité physique (ex. : je vais aller brûler les calories que j’ai mangées ce midi!) a énormément d’influence sur comment on se sent au quotidien et sur notre estime personnelle. Et si tu te donnais comme objectif d’améliorer graduellement ton discours envers toi-même plutôt que de tenter de modifier ton corps cette année?

Pour 2022, je ne te souhaite pas une « nouvelle toi », je te souhaite une « toi » qui s’aime juste assez pour prendre soin d’elle comme elle le mérite.

Bonne année! 🙂

Pour une démarche différente visant à améliorer ta relation avec ton corps et les aliments (mais ne visant pas une perte de poids), voici le lien vers mon programme en ligne : https://lamauditenutritutrice.didacte.com/a/course/8194/description

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Perdre du poids : J’opte pour une nutritionniste, un coach en nutrition ou le nouveau régime à la mode?

Est-ce que les « coachs en nutrition » sont aussi bien formés que les nutritionnistes? Est-ce que les personnes qui vendent des régimes sont aptes à donner des recommandations en nutrition? C’est quoi, au juste, une nutritionniste? Une personne qui compte des calories et qui me force à manger du tofu? Vu passer sur les réseaux sociaux : « Je cherche une nutritionniste, mais une bonne là! », « J’ai déjà essayé de perdre du poids avec une nutritionniste, ça ne marche pas », « Les nutritionnistes, elles travaillent pour leur portefeuille », « Les recommandations des nutritionnistes sont basées sur l’astrologie et leurs partenariats avec les industries ». What the f… ! Je ne détiens pas la vérité absolue, mais je vais toujours bien t’expliquer ma vision de tout ça ?.

Avertissement…

Avant de commencer à lire cet article, je vais t’expliquer une chose vraiment importante. Je t’avertis, je vais vanter ma profession et la défendre avec tout mon cœur. Ça s’adonne que ma profession demande une formation universitaire. Comme c’est parfois un sujet sensible, je TIENS à préciser que je ne crois pas qu’il y ait de sous-métiers. J’ai grandi sur une ferme, mes parents sont les personnes les plus travaillantes que je connaisse et sont aussi celles que j’admire le plus dans le monde entier. Ils n’ont pas été à l’université pour exercer leur métier, ils ont été à l’école de la vie…mais pas celle d’aujourd’hui, celle qui demandait qu’on se lève avant le coq, qu’on travaille encore après le coucher soleil et où, entre les 2, on bûchait fort pour le bien de la famille et de l’entreprise. Vous savez, dans le temps où on était encore reconnaissants des agriculteurs qui nous nourrissent plutôt que d’être méprisants envers eux…

Bref, je ne crois pas que d’aller à l’université donne plus d’intelligence à quelqu’un, encore moins de valeur. Par contre, je crois aussi que le nombre d’heures d’études vouées à un domaine particulier, surtout quand le contenu étudié est appuyé par une majorité de scientifiques qui s’entendent sur la même affaire (en étant conscients que ce n’est pas parfait, qu’on ne connait encore rien de la vie, au fond, et qu’on n’arrêtera jamais d’être en mode apprentissages), ça, ça permet à une personne d’en connaître beaucoup plus dans un domaine et, par conséquent, d’être plus apte que d’autres à en parler et à conseiller les gens là-dessus. Il me semble que c’est logique.

Je trouve ça dommage que, quand j’essaie de défendre un point en nutrition et que quelqu’un doute de la véracité de ce que je dis, si j’ose dire « J’ai quand même étudié pendant 3 ans et demi dans le domaine…en plus de faire partie d’un Ordre professionnel et de faire de la formation continue depuis 11 ans », c’est clair que je me fais traiter de péteuse, condescendante, etc. Les personnes voient ça comme de la vantardise et une façon de rabaisser les autres. Ce n’est tellement pas le cas. C’est simplement qu’il me semble qu’en étant autant formée dans ce domaine particulier, ça fait de moi une spécialiste pas mal plus au courant qu’une autre personne qui, par exemple, a fait quelques heures d’une formation X en nutrition (formation qui n’a d’ailleurs pas été appuyée par un regroupement scientifique CRÉDIBLE), ou encore une personne qui se base simplement sur l’expérience vécue avec ses clients pour conseiller ses autres clients!

C’est quoi, une nutritionniste?

Nous ne sommes pas cuisinière, ni compteuses de calories. Pour être nutritionniste, au Québec, on doit avoir un baccalauréat de 3 ans et demi en nutrition, incluant des stages. On étudie, bien sûr, la science des aliments et des nutriments, la gestion du poids en long et en large, mais aussi la biologie, la biochimie, la psychologie (pas autant que les psychologues, bien sûr), la gestion et plusieurs autres choses.

Autrement dit, on est loin de se contenter de savoir « il y a combien de calories dans ça? » (en passant, la réponse est : « je ne le sais pas, je ne suis pas une calculatrice! »…bon je peux l’estimer, mais je ne connais pas par cœur le nombre de calories de chacun des aliments. Une bonne chose de réglée!).

Une fois le baccalauréat complété, ça ne s’arrête pas là. Pour avoir le droit de se dire « diététiste » ou « nutritionniste », on doit faire partie de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ), donc y cotiser annuellement et respecter ses règlements et son code de déontologie. Ça inclut, entre autres, de faire un minimum de 20 heures de formation continue par année. Si tu crois que l’argent qu’on donne à notre ordre professionnel sert à acheter qui que ce soit, détrompe-toi. Un ordre professionnel sert à protéger le public. Donc, notre cotisation annuelle sert à s’assurer que la population reçoive les meilleurs services de nutrition, entre autres en veillant à ce que les nutritionnistes soient non seulement formées adéquatement à partir des plus récentes données scientifiques reconnues, mais aussi qu’elles mettent constamment leurs connaissances à jour. Ne devient pas nutritionniste du jour au lendemain qui le souhaite. C’est d’ailleurs pour ça qu’on mord fort quand quelqu’un se prétend « nutritionniste » ou « diététiste » et ne l’est pas. On travaille fort et on paie le gros prix pour avoir ces titres, c’est donc très frustrant quand quelqu’un qui n’a ni fait les efforts, ni payé pour, usurpe notre titre durement gagné. Par contre, étant donné que les titres « diététiste » et « nutritionniste » sont protégés par la loi (on peut aussi dire « diététicienne », mais c’est un titre de moins en moins utilisé), il existe au moins un recours quand le titre est utilisé illégalement. Si jamais vous connaissez quelqu’un qui le fait, vous pouvez porter plainte ici :

https://opdq.org/wp-content/uploads/2019/09/Formulaire-de-denonciation-DEN02.pdf

Définition d’un ordre professionnel selon l’Office des professions du Québec : Un ordre professionnel est un organisme désigné par la loi et auquel l’État délègue le pouvoir d’encadrer l’accès et l’exercice d’une profession afin de garantir l’exécution compétente et intègre des activités à risque qui la caractérisent. Cet organisme est composé des membres de la profession et ils la dirigent grâce à un mécanisme électif. Sous réserve du droit de regard de l’Office des professions et du gouvernement, la profession établit ainsi ses propres règlements, voit à son autofinancement et s’autodiscipline1.

  1. Office des professions du Québec.| En ligne | : https://www.opq.gouv.qc.ca/ Novembre 2019.

Ce qui est le plus frustrant, c’est quand certaines personnes détournent la loi en jouant avec les mots, par exemple, en utilisant des termes comme « spécialiste en nutrition » ou « coach en nutrition ». Ce sont des termes carrément inventés. Malheureusement, ces personnes ont le droit d’utiliser ces titres, même s’il n’existe aucun regroupement crédible pour appuyer leurs recommandations ou leurs méthodes de travail. C’est la responsabilité du public d’être assez vigilant pour se tourner vers des professionnels reconnus. Je pourrais bien me nommer, demain matin, « coach en limage d’ongles d’orteils ». Puisqu’il n’existe pas de titre réservé par la loi, je pourrais donner n’importe quel conseil, charger le gros prix et faire la piastre avec ça tant et aussi longtemps qu’il y aurait des gens pour embarquer dans mon affaire. Why not? Ça me tente… ? Ark, ben non, trop dégueux, des orteils, haha!

Lu sur les réseaux sociaux : je te réponds

Bon, maintenant que tu sais un peu mieux quel est mon métier, je vais répondre aux commentaires louches que je vois passer sur les réseaux sociaux trop régulièrement.

  • « Je cherche une nutritionniste, mais une bonne là! ».

Puisqu’on fait partie d’un ordre professionnel, on a toutes la même formation. Même si les choses évoluent d’années en années, on est obligée de se tenir à jour. Donc, la nutritionniste Micheline de 50 ans détient pas mal les mêmes informations que la nutritionniste Alexandra de 22 ans qui vient de finir l’université. Micheline a plus d’expérience, oui, mais Alexandra a quand même fait plusieurs heures de stage pour être apte à exercer. C’est possible que ça clique plus avec une nutritionniste qu’une autre, mais il reste qu’une nutritionniste, ce n’est pas comme une coiffeuse dont les talents diffèrent d’une à l’autre. On est toutes formées et encadrées de la même façon,  la seule différence est qu’on n’exerce pas toutes dans le même domaine. Donc, elles sont toutes bonnes, les nutritionnistes, puisqu’elles ont toutes des comptes à rendre à leur ordre professionnel et, si elles ne respectent pas ses normes sévères, elles sont radiées et ne peuvent plus exercer.

  • « J’ai déjà essayé de perdre du poids avec une nutritionniste, ça ne marche pas »

La nutritionniste te conseille et te motive du mieux qu’elle le peut. La perte de poids n’est jamais quelque chose de linéaire et la nutritionniste ne tient entre ses mains ni ton comportement, ni tes gènes, ni tes démarches antérieures qui nuisent à ta capacité à perdre, ni rien d’autre qui influence ton poids. Jamais une nutritionniste ne mettra sur le dos d’un client/patient le fait qu’il soit incapable de perdre du poids ou qu’il en ait repris. Par contre, ce n’est pas plus de sa faute à elle. Au lieu de la pointer du doigt, as-tu réfléchi au fait que tu n’étais peut-être pas prêt à changer pour de bon? Est-ce que c’était le bon timing? As-tu persévéré dans ta démarche ou, au premier écart de conduite, tu as eu peur de la décevoir et tu n’es jamais retourné la voir? La gestion du poids implique une multitude de facteurs et de prétendre que c’est la nutritionniste qui est dans le tort si tu n’y parviens pas, c’est de se mettre ta tête dans le sable et refuser de voir quels sont les réels obstacles qui se cachent derrière tout ça.

Contrairement aux régimes populaires, la nutritionniste ne se contente pas de te donner une petite poudre magique et d’ensuite mettre l’entière responsabilité de ta perdre de poids uniquement sur toi. Puisqu’elle dépend beaucoup de ta propre motivation et que ce qu’elle te donne n’est pas tangible (des conseils, ça ne se touche pas, ce n’est pas concret), c’est facile de baisser les bras et de dire que tout est de sa faute.

  • « Les nutritionnistes, elles travaillent pour leur portefeuille »

Ici, je te réfère à ce que j’ai écrit plus haut. On fait partie d’un ordre professionnel, on ne peut pas dire et faire ce qu’on veut. Parfois, j’aurais le goût de me dire : « Aaaah pis de la shnout, moi aussi je vais vendre de la poudre de shake de perlimpinpin, je vais bien moins me casser la tête et faire de l’argent plus vite et plus facilement », mais je ne peux pas parce que c’est interdit par mon ordre et parce que je ne me sentirais pas honnête. Par contre, je ne te cacherai pas que, quand je me fais ramasser par un client qui refuse de comprendre la complexité de la perte de poids et qui met entièrement sur mon dos le fait qu’il ne perde pas ou pas assez de poids, ce qui heureusement, n’arrive que très rarement, j’aurais le goût de lui vendre une p’tite poudre magique et de lui dire : « Tiens, ne bois que ça pendant 1 mois, tu vas le perdre le poids que tu souhaites perdre! » (et intérieurement me dire : « Étouffe-toi donc avec et on se reverra dans 6 mois, quand tu auras tout repris et même plus… Évidemment, je ne me contente que de le penser! ?).

On veut quand même gagner notre vie, bien sûr, c’est notre métier, mais on le fait honnêtement.

  • « Les recommandations des nutritionnistes sont basées sur l’astrologie et leurs partenariats avec les industries »

En fait, c’est tellement stupide comme commentaire que je n’arrive même pas à comprendre comment le lien aurait pu se faire entre les nutritionnistes et l’astrologie. D’ailleurs, je ne suis même pas certaine d’où provient ce commentaire au juste. J’ai cru comprendre que ça venait de certains animateurs d’une radio de Québec. Pour avoir habité à Québec pendant mon baccalauréat, on n’a pas besoin de me nommer la station pour me douter d’où ça vient… La seule chose que je peux dire, c’est que vous, animateurs visés de la région de Québec, devriez visiter l’Université Laval pour mieux comprendre ce qui nous est enseigné…t’sais, ce n’est pas trop loin, ça ne vous demandera pas un gros effort. Après ça, on se rejasera d’astrologie…ou pas. Je n’ai même pas envie d’élaborer plus que ça sur le sujet, il faut que j’aille lire mon horoscope du jour, tu comprends. ?

Par contre, je peux comprendre que certaines personne se questionnent lorsque des nutritionnistes parlent d’un produit en particulier ou en soient le visage publicitaire, par exemple Isabelle Huot qui représente les pains St-Méthode. Je me suis moi-même souvent questionnée sur le côté « éthique » de la chose, mais après m’être informée sur le sujet, j’ai compris que c’était très acceptable. Il faut savoir que les nutritionnistes ne peuvent AUCUNEMENT faire en sorte d’induire les gens en erreur par rapport à un produit, de promouvoir quelque chose qui nous pousserait à croire qu’il s’agit d’un bon choix, alors que ce n’est pas le cas. Elles ne peuvent pas dire n’importe quoi non plus. Ce serait un peu compliqué de tout t’expliquer, mais tu n’as qu’à retenir qu’il y a certaines normes à respecter dans la façon de faire de la pub. Notre ordre professionnel veille, encore une fois, à protéger le public en effectuant une surveillance à ce niveau. Dans le cas d’Isabelle Huot, les pains St-Méthode dont elle est le visage sont de bons choix, donc c’est tout à fait légal. Si elle se mettait à faire des publicités pour les gâteaux Vachon, par exemple, je ne donnerais pas cher de sa carrière. Elle serait radiée de l’ordre et perdrait toute crédibilité à travers toute la profession et dans la communauté scientifique. C’est pour ça que, dis-toi que quand une nutritionniste accepte un contrat publicitaire avec une compagnie, c’est parce qu’elle ne doute pas du côté nutritif du produit, car elle pourrait perdre gros.

Isabelle Huot

Pourquoi les nutritionnistes n’auraient-elles pas le droit de faire la promotion de produits santé alors qu’il y a tellement de vedettes qui font de la pub pour des produits comme de la liqueur, des chips ou des boissons énergisantes? Je trouve que ça ramène un certain équilibre. Bien sûr, tant et aussi longtemps que le phénomène sera bien réglementé et encadré. Être payée pour parler des bienfaits des bleuets du Québec, par exemple? Pourquoi pas? Qu’est-ce qu’il y a de mal là-dedans? Peut-être qu’on va enfin réussir à convaincre les gens d’en manger plus souvent! On a le droit de vivre, nous aussi! La journée où je verrai une nutritionniste prêter son visage à un produit dont je doute de son côté nutritif, je serai la première à crier haut et fort à l’injustice et exiger qu’on retire cette pub et que la nutritionniste soit sévèrement punie!

Et si je veux faire un régime malgré tout?

Le plus drôle dans tout ça, c’est que les gens qui vendent des régimes, eux, font la promotion d’un produit qu’ils vendent eux-mêmes, donc on s’entend que l’argent va directement dans leurs poches s’ils réussissent à convaincre les gens de leurs vertus, mais on dirait que personne ne se questionne sur le côté éthique de tout ça. Ça, c’est comme, pas grave. On les croit sur paroles.

Le pire, c’est qu’on connait tous les conséquences des régimes amaigrissants, mais on dirait qu’on ne veut pas y croire. Ça pèterait notre balloune. Juste pour te faire un p’tit refresh, je t’en fais une liste non exhaustive ici :

  • Effet « yo-yo » des régimes draconiens : regain de poids et sentiment d’échec
  • Fonte musculaire et perte d’eau associées aux tissus perdus, entraînant une diminution du métabolisme de base et des dépenses énergétiques au repos
  • Risque de déshydratation, d’hypotension, de troubles de digestion (constipation, diarrhée), de perturbation hormonale, de perte de cheveux et de crampes musculaires
  • Risque de carences nutritionnelles en protéines, en lipides essentiels, en calories, en certaines vitamines et minéraux (en fer, en calcium, etc.)
  • Risque de maladies, telle l’anémie ou l’ostéoporose
  • Risque de déséquilibre électrolytique, d’arythmie et d’arrêt cardiaque lié à un régime hypocalorique sévère
  • Risque de gain de poids associé aux tentatives répétées de perte de poids
  • Développement d’une relation malsaine avec la nourriture et avec le corps
  • Perte de contact avec les signaux de faim et de satiété
  • Fatigue intense, mal de tête, difficulté à se concentrer et diminution de la productivité
  • Diminution de l’estime de soi, insatisfaction corporelle, sentiment d’échec et de culpabilité
  • Préoccupation excessive à l’égard du poids, ou encore développement de troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperphagie, etc.)

2. Association pour la santé publique du Québec. | En ligne | : http://www.aspq.org/uploads/pdf/565cac833208fappel-a-l-action_2015-11-30.pdf Novembre 2019.  

Si jamais tu doutes de ce que je te dis, parce que je suis moi-même nutritionniste, donc c’est évident que je vais défendre ma profession et non les régimes populaires, voici un document assez convaincant de l’Association pour la santé publique du Québec : http://www.aspq.org/uploads/pdf/565cac833208fappel-a-l-action_2015-11-30.pdf

Malgré tout ça, si tu choisis un régime ou un coach en nutrition, tu as le droit. Tant que tu le fais en connaissance de cause. Rendu là, tu es assez grand pour prendre tes propres décisions. J’aurai au moins défendu mon point et démystifié certains aspects de ma profession!

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