Je t’explique une fois pour toutes pourquoi ton corps n’a aucunement besoin de détox!

Avertissement : En lisant cet article, vous découvrirez LE secret le mieux gardé de l’industrie de l’alimentation et de la santé. Je ne suis pas responsable des effets secondaires possibles, lecture à vos risques!

« Spécial détox : les 5 boissons de stars du moment! », « Une cure détox pour améliorer la digestion », « Cure pureté 3 jours », « Cure détox : juicing, fitness et alimentation vivante »…une simple petite recherche Google m’a permis de trouver toutes ces expressions en lien avec la détoxification du corps en moins d’une minute. Je vous mets au défi de répondre le plus honnêtement possible à la question suivante : comment vous êtes-vous senti à l’intérieur en lisant ces lignes? Ballonné, pas en santé, crasseux de l’intérieur même? Si on fait le grand ménage du printemps dans nos maisons ces temps-ci, on ouvre les fenêtres et on aère un peu, pourquoi ne pas le faire aussi pour notre corps après un lonnnnnnng et interminable hiver à manger de la bouffe réconfortante et rester assis devant District 31?

Je vais vous répondre de la façon la plus simple, mais aussi la moins fashion et bling-bling possible : vous n’en avez juste pas besoin. Booom! Ok, pas tant « boom » puisque je vous avais déjà donné la réponse dans le titre. Disons que, ça ne doit pas tant vous jeter en bas de votre chaise puisque j’ai vendu le punch avec mon titre et que vous êtes en train de lire l’article quand même. J’imagine que c’est parce que vous avez assez d’ouverture d’esprit pour enfin comprendre les raisons pour lesquelles le corps n’a pas besoin d’aide pour se nettoyer lui-même…bien de l’intérieur là…parce que de l’extérieur, je vous suggère fortement de lui donner un p’tit coup de main, question de garder vos amis, hihi!

Pourquoi vendre des produits et cures détox?

Avant de tomber dans le cours de biologie 101 pour vous aider à comprendre le fonctionnement de certaines parties du corps humain, je veux vous expliquer brièvement pourquoi on continue d’essayer (et souvent réussir, à mon grand désespoir) de vous vendre des produits détox.

Prenons comme exemple le livre de la comédienne québécoise Jacynthe René, « Vive la détox gourmande ». C’est un livre qui est devenu best seller en 6 jours, qui a été réimprimé 3 fois en 3 semaines, qui était encore au palmarès des libraires (2e et 3e position) 4 semaines après sa sortie et qui a été « mention Coup de cœur » Renaud Bray et « On aime »  Archambault. Le livre est sorti en août 2014 et, en date de septembre 2015,  il avait été vendu à 27 000 exemplaires1. À 30$ par exemplaire, on parle de 810 000$ de revenus en 1 an. Je n’ai pas les chiffres actuels, mais je suis certaine que les ventes se poursuivent encore aujourd’hui, 4 ans plus tard, avec les chiffres qui vont avec. N’oubliez pas qu’ici, on ne parle que d’un livre. On ne parle pas des ventes subséquentes de produits détox. Donc, je ne crois pas avoir besoin de vous faire un dessin pour que vous compreniez à quel point c’est lucratif, la détox. Quand on s’associe, en plus, à une belle femme d’apparence jeune, qui semble douce, gentille, honnête, en santé, on tape pas mal dans le mille. C’est vrai pour Jacynthe René, mais c’est aussi vrai pour Gwyneth Paltrow aux États-Unis et je suis certaine que vous avez plein d’autres exemples qui vous viennent en tête.

Attention, je ne suis pas en train de remettre en doute la sincérité de ces vedettes. Au contraire, je crois qu’une autre raison pour laquelle on continue de vous vendre ces produits, malgré le fait qu’ils soient controversés, c’est que plusieurs y croient sincèrement. Si, pour ces personnes, le produit a été une révélation, je peux comprendre qu’elles aient envie de partager la bonne nouvelle et d’aider les autres à se sentir mieux aussi. Malheureusement, ce n’est pas parce qu’un produit a été « efficace » pour une personne qu’il le sera pour une autre. En plus, je me questionne fortement sur ce qu’elles considèrent comme étant « efficace ». C’est sûr que, quand on est convaincu qu’un produit va nous nettoyer l’intérieur du corps et qu’on voit le tout sortir de manière assez concluante (désolée pour l’image mentale), on se dit que ça a été efficace.

Par contre, quand on comprend mieux ce que contient le produit qu’on a consommé et l’effet qu’il a sur notre corps, on est plus apte à tirer de meilleures conclusions. En fait, les produits détox contiennent souvent des laxatifs, des diurétiques (qui font uriner) et des émoliants (qui ramollissent les selles). Donc, si vous avez beaucoup de selles et/ou d’urine durant cette période, ce n’est pas parce que vous aviez des déchets à faire sortir, c’est parce qu’on a accéléré l’excrétion de vos selles et de votre urine, simplement. Bien sûr, vous êtes plus léger à ce moment-là, puisque vous êtes déshydraté…donc vous vous sentez plus mince, moins ballonné, allégé. Au moment où vous allez être réhydraté adéquatement et que vous allez manger normalement, ce sera le retour à la case départ.

Plus d’énergie, peut-être, mais…

Pour ceux et celles qui sentent qu’ils ont plus d’énergie, je serais curieuse de voir si on peut vraiment relier ce phénomène à la prise du produit détox ou plutôt au fait que, quand on prend ce genre de produit, on fait aussi, en général, plus attention à son alimentation, on bouge un peu plus et on respecte plus nos heures de sommeil. Bref, on a souvent une meilleure hygiène de vie en général qui, elle, a été prouvée scientifiquement comme pouvant aider à une meilleure santé et un plus grand sentiment de bien-être général.

La détox pour mieux digérer après un abus?

Avez-vous déjà remarqué que, quand on digère mal, qu’on se sent coupable parce qu’on a mangé moins santé pendant un bout de temps, qu’on est ballonné, on pense automatiquement qu’il y a quelque chose d’anormal et on a tendance à se dire qu’on devrait faire une cure pour nettoyer tout ça, comme si ça allait faire des miracles, effacer les traces de junk food et remettre notre système comme un neuf. Eh bien non. D’abord, aucun produit n’est assez miraculeux pour aller retirer les nutriments qu’on a déjà ingérés (glucides, lipides, etc.). Quand c’est fait, c’est fait, il n’y a pas de retour en arrière. Ensuite, le corps est une machine complexe et chacun digère à sa façon, selon comment il est constitué, ce qu’il a mangé et même selon son niveau de stress, qu’il ait fait de l’activité physique ou non, bref, il y a plein de facteurs qui influencent notre digestion. Ce n’est pas un fleuve tranquille, parfois, c’est calme et parfois, c’est l’ouragan! Oui, certaines personnes ont de vrais problèmes digestifs et ont besoin de se faire traiter. Par contre, ce n’est pas parce que ça nous arrive de mal digérer que ça signifie qu’on n’est pas en santé et qu’on a besoin d’un traitement quelconque. En plus, supposons que vous ayez vraiment un problème digestif. Ce ne sera pas une cure détox qui réglera votre problème, mais bien un suivi avec un médecin qui lui  verra à vous prescrire ce dont vous avez vraiment besoin.

Le moment où je sors les crocs

Vous aurez remarqué que, jusqu’à présent, j’ai été assez polie et gentille envers les gens qui vendent des produits détox. Par contre, je le suis moins quand il est question de promesses complètement farfelues. Vendre des produits à des gens sous prétexte qu’ils « élimineront vos toxines », qu’ils « désengorgeront votre foie » ou qu’ils « élimineront vos déchets accumulés », là, on tombe carrément dans le mensonge, donc c’est pour ça que je me permets de sortir les crocs.

Éliminer vos toxines

Selon le Larousse, une toxine est une « substance toxique élaborée par un micro-organisme et responsable de la capacité de celui-ci à provoquer une maladie ». Je vous poserai donc la question suivante: Êtes-vous malade? Avez-vous des symptômes comme des crampes abdominales, de la diarrhée, de la fièvre, des vomissements ou des maux de tête? Non? Alors, vous n’avez aucune toxine dans votre corps. Si vous en aviez, vous auriez ces symptômes et ce ne serait pas un jus détox à 15$ qui réglerait votre problème. Vous devez vous reposer, vous hydrater et consulter, entre autres, si les symptômes sont sévères ou si les vomissements durent plus de 24 heures2. Les toxines, ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Si vous êtes réellement infecté par une toxine et que vous prenez un produit détox contenant un laxatif en plus, vous risquez de vous déshydrater de manière très sévère, sans pour autant éliminer la toxine. Donc, méfiez-vous de ce genre d’affirmation.

Désengorger le foie

Le foie a plusieurs fonctions pour notre corps. C’est lui qui gère nos nutriments comme les glucides, lipides, protéines, certaines vitamines et certains minéraux. Il s’occupe aussi d’éliminer l’alcool qu’on boit, il gère les médicaments qu’on prend, modifie ou excrète des hormones quand c’est nécessaire, excrète la bilirubine (qui est produite lors de la destruction des globules rouges) pour la rejeter dans les fèces (version polie de caca), il produit les sels biliaires utilisés pour l’absorption des gras et fait plein d’autres choses aussi. Chose certaine, il ne s’engorge pas de quoi que ce soit, justement parce que c’est sa job de jeter ce dont on n’a plus besoin. Il n’a pas besoin d’être nettoyé non plus, c’est lui le nettoyeur! Et, ce n’est pas comme votre lave-vaisselle qui a lui-même besoin d’un petit ménage de temps en temps, c’est plus comme un four auto-nettoyeur, mais vous n’avez pas besoin d’activer le bouton, il le fait lui-même! Ce qui peut mêler les gens, c’est quand une personne fait des lithiases biliaires ou des « pierres au foie ». On peut penser que c’est dû au foie qui en engorgé, mais ce n’est pas le cas. On ne peut ni prévenir, ni traiter les lithiases biliaires avec des produits détox, puisque ce qui cause ce problème, c’est que la bile ne contient pas assez de sels biliaires ou de lécithine ou qu’il y a un excès de cholestérol. Pour le traitement, on donne des médicaments ou, au besoin, on enlève la vésicule biliaire3. Donc, tout ça n’a rien à voir avec une détoxification.

Si vous n’avez pas de maladie du foie, comme une stéatose ou une cirrhose hépatique (encore une fois, que vous ne pouvez ni prévenir, ni traiter par une cure détox), c’est que votre foie fonctionne bien et qu’il n’a pas besoin d’aide.  

Éliminer les déchets accumulés

Le corps n’accumule pas de déchets. Il les excrète au fur et à mesure via notre urine et nos selles. Le foie et les reins s’occupent de gérer ce qui doit rester et ce qui doit partir. Un foie et des reins en santé font très bien le travail et n’ont pas besoin qu’on les aide d’une quelconque façon. S’ils ne faisaient plus assez bien le travail, vous seriez déjà mort. Les patients qui ont besoin de dialyse lorsque leurs reins ne sont plus ou plus assez fonctionnels ne peuvent pas se dire : « bah, aujourd’hui, ça ne me tente pas la dialyse, j’irai une autre fois ». Ils en mourraient. On ne peut pas accumuler de déchets toxiques dans notre corps, simplement parce qu’on n’y survivrait pas.

Au niveau des intestins, si le contenu s’accumulait comme certains le prétendent, ça causerait ce qu’on appelle un fécalome. C’est une accumulation de matières fécale dures et sèches dans le côlon ou le rectum qu’on doit retirer en donnant certains agents émoliants et via une chirurgie, si le cas est trop sévère. Ça arrive surtout chez les personnes âgées qui ont été alitées sur une longue période ou qui prennent certains médicaments. Ça peut aussi arriver en cas d’abus de laxatifs, donc le fait de faire des cures de détox à répétition a plus de risques de vous causer un fécalome que de le prévenir.

La détox de La Maudite Nutritutrice

Vous voulez une vraie détox? Mangez plus de fruits et légumes et de produits céréaliers à grains entiers, slaquez sur l’alcool, buvez de l’eau, mangez moins de produits transformés gras et sucrés, allez prendre une p’tite marche dehors sur votre heure de dîner et laissez de côté la collation un peu trop riche pas longtemps avant d’aller vous coucher pour aider à limiter le reflux gastrique et une digestion difficile.

Oooh je vous vois avec votre regard qui me dit « franchement, si ce n’était que ça! ». Bien, je vous dirais que simplement d’intégrer tout ça dans votre vie à LONG TERME, c’est déjà tout un défi et un méchant bon pas vers une meilleure santé et une plus grande sensation de bien-être. Je sais, ça ne coûte pas assez cher pour que ça ait l’air vraiment crédible et efficace comme méthode et je n’ai pas vu beaucoup de vedettes prôner ce genre de choses quasi gratis, n’est-ce pas? Pour que ça marche, ça doit coûter cher, non? Justement, non.

LE secret bien gardé!

Ça m’amène à ma promesse de l’introduction de l’article, celle de vous partager LE secret le mieux gardé de l’industrie de l’alimentation et de la santé. Mais…vous le gardez pour vous, hein? Bien non, que je vous vois garder ça pour vous, si vous faites partie de mes p’tits maudits élèves, c’est pour partager tout ce qui se passe ici! 😉 Ce qui se passe sur le blogue de La Maudite Nutritutrice ne reste surtout pas sur le blogue de La Maudite Nutritutrice!

Donc, le secret, c’est que, pour bien manger et être en santé, on a besoin de…absolument rien de spécial! Pas de plan alimentaire strict, pas de shake ou poudre de perlimpinpin, pas de jus miracle à 15$ ou n’importe quel produit détox, pas de super abdoMAKER ni aucune machine pour exercices quelconques.

Des aliments, vous en achetez pareil, aussi bien en choisir davantage qui sont santé, simplement. Vos pieds, vous en avez 2 en général, considérez-vous chanceux si tel est le cas et utilisez-les pour les mettre l’un devant l’autre (repeat). Vous avez aussi assez d’intelligence et un minimum de capacités culinaires pour être capable de vous faire une liste d’épicerie et pour vous faire cuire un œuf…ajoutez donc un peu de poivrons et des oignons, une tranche de pain à grains entiers…on est pas pire en business, n’est-ce pas? Ça fait tellement longtemps qu’on essaie de vous faire croire que vous êtes nuls en cuisine et que vous avez absolument besoin qu’on vous tienne la main pour faire l’épicerie que vous vous êtes mis à y croire sans même y réfléchir quelques secondes. Vous manquez d’idées? Il y a tellement de recettes sur le web, faites une petite recherche de quelques secondes! Vous croyez que vous avez besoin d’un coup de main de plus? Abonnez-vous à mon blogue pour découvrir quand mon cours en ligne sera disponible pour vous donner des conseils, entre autres, sur la planification et l’organisation de vos repas. Est-ce une nécessité? Pas du tout. C’est simplement un outil pour vous aider à vous faciliter la vie, avoir davantage confiance en vous et être capable de faire des choix sains sans être pris dans un plan alimentaire strict.

Vous comprenez que j’exagère un peu pour vous montrer que vous avez déjà ce qu’il faut pour être en bonne santé et vous sentir bien. Mon but est d’inverser le processus qui vous rend dépendant, alors que vous devriez miser sur l’autonomie et la responsabilisation. Évidemment, l’aide de certains professionnels de la santé peut être très bénéfique pour vous guider vers l’atteindre vos objectifs à long terme, que ce soit un kinésiologue, un psychologue, un médecin ou l’une de nous, les nutritionnistes-diététistes. L’important, c’est de comprendre que vous n’avez pas besoin de béquilles pour avancer, seulement les bons espadrilles!

Arrêtez de rechercher la solution miracle qui réglera tous vos maux, elle n’existe pas. Vous perdez votre temps et votre argent. Changez une petite habitude de vie à la fois, je vous garantis que ce sera vraiment plus gagnant!

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Sources :

  1. La Presse +. |En ligne| : http://plus.lapresse.ca/screens/34399f6a-d886-46ec-9405-4e824a32743c__7C___0.html Page consultée en avril 2019.
  2. CIUSS Maurice-et-Centre-du-Québec. |En ligne| : https://www.ciusssmcq.ca/soins-et-services/sante-publique-conseils-sante-mieux-etre/maladies-infectieuses/intoxication-alimentaire/ Page consultée en avril 2019.
  3. Tortora, G.J. et Grabowski S.R. Principes d’anatomie et de physiologie. Éditions du Renouveau pédagogique inc. 2001.
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Les 5 meilleurs trucs pour manger moins de sucres

Vous vous questionnez sur la quantité de sucres que vous consommez dans une journée? Vous voudriez en consommer moins pour votre santé et votre tour de taille, mais ce n’est pas toujours facile? Voici les 5 meilleurs trucs pour manger moins sucré sans que ce soit super exigeant!

Est-ce que vous vous questionnez sur la quantité de sucres que vous consommez dans une journée? Avec les messages des professionnels de la santé qui nous répètent constamment qu’on mange trop de sucres (ce sont des maudits fatigants comme moi :O ! ), on se dit qu’on devrait faire attention pour améliorer notre santé et notre tour de taille, mais comment? C’est un peu décourageant puisqu’on sait qu’il y en a de caché un peu partout. Ça devient difficile de savoir quelle quantité on consomme vraiment. Les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont « de ramener l’apport en sucres libres à moins de 10% de la ration énergétique totale chez l’adulte et l’enfant et il serait encore meilleur pour la santé de réduire l’apport en sucres à moins de 5% de la ration énergétique totale »1. Euh…quoi?! Do you speak le français?

Pas de panique! Non seulement cet article va vous aider à comprendre cette phrase un peu louche mais, en plus, vous allez avoir 5 trucs super concrets pour diminuer la quantité de sucres que vous consommez tous les jours sans que ce soit vraiment exigeant!

Sucres « libres », « de kessé? »

Avant de vous donner mes conseils, je n’ai pas vraiment le choix de démêler les termes utilisés en lien avec le sucre. Même moi, j’ai de la misère à suivre parfois! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, hein?!

On se fait dire depuis qu’on est tout petit qu’il existe différents types de sucres. Bonne nouvelle, c’est vrai! On sait aussi que les sucres font partie de la grande famille des glucides et, dans le cas qui nous intéresse, on parle de glucides simples. On va donc vraiment se faciliter la vie en les appelant simplement des sucres. Vous pensez que ça s’arrête là? Eh bien non, c’est serait beaucoup trop facile!

Il faut savoir qu’il y a des sucres qui sont naturellement présents dans certains aliments, soit dans les fruits, le lait et le yogourt et en petites quantités dans les légumes. On doit les différencier des sucres ajoutés, qui eux, se définissent comme étant des « sucres et sirop ajoutés aux aliments et boissons lors de la transformation, la préparation ou à la table. Ceci inclut par exemple le sucre blanc, la cassonade, le miel, le sirop d’érable et le sirop de maïs »2.  Donc, les sucres totaux qu’on retrouve, entre autres, sur les étiquettes de valeur nutritive, sont les sucres naturellement présents dans l’aliment ET les sucres ajoutés.

Ce qui complique les choses, c’est que les sucres naturellement présents dans les aliments, eux, n’ont pas d’effets nocifs démontrés sur notre santé. Pour ce qui est des autres sucres, on constate qu’ils pourraient être associés à une éventuelle prise de poids qui pourrait, à son tour, mener à développer des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension.

C’est pour cette raison que l’Organisation mondiale de la Santé parle maintenant de « sucres libres ». Ce sont les « sucres ajoutés et sucres naturellement présents dans les jus de fruits. Ceci exclut le sucre naturellement présent dans les fruits et légumes frais et dans les produits laitiers »2. Donc, quand on parle de limiter les sucres libres, on ne parle pas du sucre des fruits (sauf les jus) et légumes et du lait. Bonne chose de réglée!



10% de notre apport énergétique total, ça représente quoi?

Avant de comprendre le 10%, il faut savoir qu’est-ce que c’est qu’un apport énergétique total. C’est simplement les calories totales que vous consommerez dans votre journée. Les besoins en calories sont très variables d’une personne à l’autre, tout dépendant de son âge, son sexe, sa taille, son poids, son niveau d’activité physique et même de plusieurs autres facteurs. Souvent, pour faire les calculs, on se base sur une personne plutôt sédentaire ou légèrement active qui a besoin d’autour de 2000 calories par jour. Donc, si on fait le calcul, 10% de 2000 calories, ça voudrait dire qu’on ne devrait pas dépasser 200 calories par jour en provenance des sucres libres, ce qui représente autour de 50 grammes ou 12 cuillères à thé. Attention, je vous rappelle que je ne parle pas juste du sucre que vous ajoutez à votre café, je parle aussi et surtout des sucres cachés dans les aliments et qui n’y étaient pas naturellement présents.

Maintenant que vous êtes des pros en sucres, vous êtes prêts à recevoir mes 5 conseils pour manger moins sucré!

1. Buvez moins sucré!

Au Canada, notre principale source de sucres ajoutés est les boissons sucrées : les jus, les boissons gazeuses, les boissons énergisantes, les thés glacés,  les eaux et les cafés aromatisés, les boissons alcoolisées sucrées, etc. Ce sont des calories qu’on consomme sans vraiment s’en rendre compte. On ne sent pas notre ventre rempli après les avoir consommés. Donc, on risque de prendre autre chose pour se sentir rassasié sans tenir de toutes les calories qu’on vient d’ingérer.

Évidemment, l’idéal est de boire de l’eau. Il faut créer cette habitude et ça ne se fait pas du jour au lendemain, on doit être patient. Apportez votre bouteille avec vous partout où vous allez : au travail, en voiture, sur la table de salon, etc. Mettez un pichet d’eau au réfrigérateur pour avoir toujours accès à de l’eau froide. Dites-vous que, plus vous rendez l’eau accessible, plus ce sera facile pour vous d’en consommer.

Je sais que, parfois, on se tanne de boire de l’eau. Pour faire changement, vous pouvez l’aromatiser avec du citron, de la lime, des petits fruits surgelés, du concombre et de la menthe, ou encore un mélange poire/essence de vanille/bâton de cannelle. Vous pouvez même essayer les essences de citron, érable, noix de coco, bref, laissez aller votre imagination! L’eau gazéifiée peut faire changement aussi, si elle est non sucrée et que vous la tolérez bien (dans le sens que… vous n’ayez pas l’air d’un ballon gonflable après en avoir bu)!

2. Diluez!

Bon, vous allez me dire, tu es bien plate! Mais non! Souvent, ce qu’on achète est beaucoup trop riche en sucres pour rien parce qu’on veut plaire aux goûts des consommateurs et, qu’en général, les consommateurs ont le goût sucré. Je ne veux pas vous dire de faire en sorte que le produit n’ait plus de goût, mais on peut le pimper pour qu’il soit un peu plus santé, sans changer le goût de façon drastique, par exemple :

  • Tu aimes tes céréales sucrées genre Frosted Flakes? Mêle-les avec des moins sucrées comme des All Bran Flakes. Le tigre ne t’en voudra pas 😉
  • Ton jus avec tes toasts le matin, c’est sacré? Et si tu le diluais avec un peu d’eau? Commence graduellement, avec quelques millilitres, mais tu peux facilement te rendre jusqu’à faire moitié-moitié (tu n’es pas obligé de te rendre là!).
  • Le lait au chocolat ou la boisson végétale aromatisée sont souvent assez riches en sucres. Achète la version nature pour en ajouter à ta version aromatisée!
  • Les fameux yogourts! Il y en a tellement! Plusieurs sont pas mal sucrés. Encore là, achète ta saveur préférée et ajoute un peu de yogourt nature dedans, ça fait déjà ça de mieux!

3. Limitez le sucre que vous ajoutez vous-mêmes

Tu aimes ça le café? Tu en prends, 3-4 tasses par jour? Combien de sucres est-ce que tu mets chaque fois? On s’entend, si tu prends un café par jour et que tu mets un sucre dedans, je te laisse tranquille, t’inquiète! Par contre, si tu es du genre 2-3 sucres par café et assez caféinomane, je crois qu’il y a place à amélioration. La clé est d’y aller graduellement. Personnellement, j’ai commencé à boire du café en prenant des mokas. Oui, oui, avec full sucre et extra crème fouettée. Ce n’est pas parce qu’on est nutritionniste qu’on est parfaite…(d’ailleurs je dois avouer que je suis souvent un cordonnier mal chaussé, je vous raconterai ça dans un autre article). On en était où? Ah oui, les cafés mokas. Croyez-le ou non, aujourd’hui, je bois mon café noir et, si la madame du Tim Hortons ose me mettre un sucre dedans, ça me lève le cœur.  Je vous raconte tout ça pour vous montrer que c’est possible de changer, mais ça se fait par étape. Ça a commencé par des mokas sans crème fouettée, puis un café 2 laits, 2 sucres, puis 1 lait, 1 sucre, et finalement noir.  Allez-y à votre rythme. En passant, rien à voir avec le sucre mais, je tiens à préciser que vous pouvez mettre du lait sans problème dans votre café. Par contre, pour la crème, j’utiliserais le même truc qu’avec le sucre, soit de modifier graduellement.

Quand vous mangez des crêpes ou des gaufres, allez-y modérément avec le sirop. Oui, je sais, le sirop d’érable est un sucre naturel et on en est bien fiers nous, les Québécois, moi y compris, mais ça reste du sucre quand même! Prévoyez à l’avance la quantité que vous utiliserez pour être sûr de l’épargner et de ne pas se retrouver à en ajouter constamment et finir par avoir vidé le pot. Si vous ajoutez des petits fruits à vos crêpes et gaufres, ce sera encore plus facile de limiter le sirop.  Utilisez une recette de pâte à crêpe ou à gaufre qui contient de l’essence de vanille, ça donne du goût sans être plus sucré!

4. Cuisinez

Je sais qu’on vous casse les oreilles avec ça et que votre temps est limité mais, pour votre santé, c’est tellement important de cuisiner plus souvent! (J’aurai des trucs super faciles pour vous dans mon cours en ligne qui est en préparation!). Plus vous cuisinez, plus vous êtes conscients de ce que vous mangez et moins vous consommez de produits transformés. La plupart du sucre que vous consommez se cache dans ces aliments-là et souvent, sans même que vous le sachiez. Bien sûr, si vous mangez des biscuits, vous le savez bien que c’est riche en sucres. Par contre, quand vous mettez une cuillère à soupe de ketchup dans votre hamburger, je suis pas mal certaine que vous êtes moins conscients que vous venez d’y ajouter une cuillère à thé de sucre. Des exemples comme celui-ci, il y en a plein.

Souvent, quand on cuisine, on utilise davantage d’aliments de base, plus de fruits et légumes par exemple et, en plus, on peut contrôler les quantités de sucres qu’on ajoute à nos recettes. C’est facile de diminuer du quart jusqu’à la moitié du sucre d’une recette sans modifier le goût de façon significative, tout dépendant de la quantité de sucre dans la recette de base. On peut remplacer une partie du sucre de la recette (allez-y graduellement, en commençant avec des plus petites proportions) par de la purée de dattes, de la compote de fruits non sucrée ou des fruits séchés.

L’industrie alimentaire essaie de nous faire croire que c’est long et difficile de cuisiner, question de vendre plus de produits prêts-à-manger. Pourtant, c’est si simple! Il suffit de s’y mettre pour réaliser à quel point on sauve du temps, de l’argent et surtout, des années en santé!

5. Regardez les étiquettes de valeur nutritive

C’est tellement facile et accessible que c’est quelque chose qu’on oublie trop souvent de faire. Attention, je ne vous demande pas de comprendre de A à Z comment fonctionne les étiquettes (ça peut sembler assez compliqué, mais c’est tellement facile à comprendre quand c’est expliqué par une nutritionniste! Ça fera aussi partie des trucs donnés dans mon cours en ligne que je suis en train de préparer, abonnez-vous ICI pour savoir quand les cours seront disponibles, sans engagement!).

Par contre, on s’entend que de regarder et comparer les quantités de sucres, ce n’est pas vraiment complexe. Attention quand vous comparez des produits, vérifiez bien la portion suggérée qui peut être différente d’un produit à l’autre. Même si je suis nutritionniste, je me fais avoir tout le temps (je vous permets de me juger)! Ça, c’est mon côté lunatique!

Pour l’instant, la majorité des tableaux ne présentent que la quantité totale de sucres par portion. Par contre, d’ici 2022, les entreprises alimentaires devront obligatoirement ajouter le pourcentage de valeur quotidienne que cette quantité de sucres totaux représente, ce qui rendra l’analyse super facile!

Qu’est-ce que c’est, le pourcentage de valeur quotidienne?

En gros, c’est la proportion de sucres que vous allez consommer avec cette portion d’aliment par rapport à la quantité totale de sucres que vous ne devriez pas dépasser dans la journée. Attention, on ne parle pas de « besoins en sucres », on parle d’une quantité « acceptable » selon un certain modèle alimentaire qui devrait nous garder en santé. C’est simple, 5% ou moins, c’est peu et 15% et plus, c’est beaucoup!

Source : Santé Canada.
https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/nutriments/sucres.html#ef

Ne virons pas fous!

C’est clair que vous allez retrouver peu d’aliments qui vous fourniront moins de 5% de votre valeur quotidienne en sucres, mais ce n’est pas la fin du monde non plus, il ne faut pas en faire une obsession! Le but, c’est de faire des choix d’aliments un peu moins sucrés quelques fois par semaine, pour qu’au bout d’un moins, ça fasse une bonne différence dans la quantité totale de sucres que vous aurez consommée, et qu’au bout d’une année, ça fasse la différence entre les 2-3 livres de plus ou de moins…vous savez, celles qui apparaissent soudainement sans qu’on ne s’en soit vraiment rendu compte!

C’est vrai aussi pour tous les trucs que j’ai donnés. S’il y a bien UNE SEULE chose à retenir de cet article, c’est bien d’y aller graduellement pour chaque changement. Le goût pour le sucré, ça se modifie, mais pas en seulement quelques jours. Ça prend du temps et, évidemment, un peu d’ouverture au fait que les aliments n’auront pas un goût aussi sucré que ce à quoi vous êtes habitués. Par contre, si vous y allez une petite “cuillérée” de moins à la fois, je suis certaine que vous y arriverez! Le but n’est pas d’éviter le sucre à tout prix et d’en faire son ennemi. C’est bon, du sucre! On est naturellement attiré par ce goût et ça ne sert à rien de vouloir se battre à l’infini contre ça! Vaut mieux l’accepter et savoir doser, simplement! 🙂

Sources:

  1. Organisation mondiale de la santé. L’OMS appelle les pays à réduire l’apport en sucres chez l’adulte et l’enfant. |En ligne|:https://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/sugar-guideline/fr/ Page consultée en avril 2019.
  2. Institut nationale de santé publique du Québec. La consommation de sucre et la santé |En ligne| : https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/2236_consommation_sucre_sante_0.pdf Page consultée en avril 2019.
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