Avoir du temps, une question de priorités?

Êtes-vous tannés de la pression qu’on vous met sur les épaules pour trouver le temps de tout faire? Ce texte est pour vous!

J’ai probablement commencé à écrire ce texte au début 2023. En fait, je ne le sais plus, car je l’ai perdu en cours de route. Donc, vous comprendrez qu’il ne s’agit pas exactement de CE texte (car j’ai dû recommencer), mais d’un texte au sujet du temps, celui dont on manque sans fin. 

Vous constatez l’ironie de la chose. J’ai mis 3 ans à terminer un texte sur le manque de temps, et ce, par manque de temps. On pourrait dire que c’est une question de priorités, prétendre que, quand on veut, on peut. Il est vrai que j’ai carrément mis ce texte sur la glace pendant très longtemps puisque que j’étais occupée à faire 10 000 autres choses. Mais, j’y pensais, souvent, et je culpabilisais. La réflexion que j’ai commencée en 2023 est d’autant plus criante de vérité dans ma réalité actuelle: comment arriver à tout faire entrer dans ce délai de 24 petites heures? Je sais que mon quotidien ne diffère pas tellement du vôtre, nous avons tous et chacun des obligations qui font que, trop souvent, la journée se termine avec une impression de ne pas en avoir fait assez, qu’un nombre insuffisant de cases de la liste de choses à faire ont été cochés. 

Quand on regarde la vie des autres derrière un écran de filtres Instagram, on ne peut que se comparer et constater à quel point on échoue à tout réussir, comme eux. Cuisiner des repas « santé » et originaux pour toute la famille avec une présentation impeccable (Instagram, vous savez), tenir une maison propre au point qu’on puisse manger sur le plancher (Instagram, vous savez 🤣), s’entraîner régulièrement (Insta… haha ok, vous avez compris!), suivre nos enfants dans leurs sports respectifs, performer au travail, se garder du temps pour soi « pour diminuer notre niveau de stress », dormir suffisamment, voyager, sortir avec les amis, être un.e amoureux.se investi.e … on dirait que tout le monde y arrive, sauf nous. Mais la réalité s’avère toute autre. Personne ne peut tout faire entrer en 24 heures. On le sait, mais on doit parfois se le rappeler, parce que ça paraît si beau sur les réseaux sociaux!

Je vis seule, je dois tout payer seule. Ma maison nécessitait des rénovations urgentes et j’ai dû investir de ce côté. Dans le monde de licornes qu’on nous présente, tout se paierait seul. J’aurais du temps pour faire tout ce que je veux et de l’argent pour voyager partout dans le monde. Mais, nous le savons, ce monde n’existe pas. À l’automne 2023, je faisais de la suppléance, j’animais à la radio, je faisais de la vaccination en plus de gérer mes réseaux sociaux puisque, à la base, je demeure bachelière en nutrition. Chaque jour qui passait sans que j’aie le temps de publier du contenu , je me sentais coupable de délaisser ma communauté. Pourtant, je sais très bien qu’avant d’ajouter la radio à mes autres tâches, je bénéficiais de quelques heures supplémentaires dans ma semaine pour consacrer du temps à mes réseaux sociaux et à mon blogue. Dans cette nouvelle situation, ce temps ne m’étais plus disponible. Et pourtant, mes attentes ne diminuaient pas.

L’année 2024 a été toute aussi folle. Je suis entrée dans un insidieux tourbillon où on n’a pas le temps de voir à quel point on est essoufflé. On s’en rend compte quand on a quelques rares jours de congé, mais une fois reparti, on oublie la fatigue, parce qu’on n’a pas le temps de la ressentir. En fait, elle est omniprésente, mais on l’ignore. Je suis sûre que vous vous reconnaissez aussi. Dans la même année, des symptômes bizarres me sont apparus: étourdissements, maux de tête, nausées, les paupières qui sautent. J’ai consulté différents professionnels de la santé qui sont tous arrivés à la même conclusion: « T’es à bout Tania. C’est 40 ans que tu auras, pas 25. Tu dois ralentir ». J’ai d’abord refusé de l’entendre. Puis, je n’ai pas eu le choix d’accepter l’évidence. 

(Il manque 2025…j’ai cligné des yeux et nous voilà en 2026!)

Combien sommes-nous dans cette situation? Nous vivons dans une société qui non seulement valorise l’essoufflement, mais qui le facilite en tous points. Comment peut-on ralentir?

J’ai peu de temps pour faire de l’activité physique, moi qui marchais plusieurs kilomètres par semaine et qui adore bouger, donc il faudrait idéalement que je trouve également du temps pour l’intégrer davantage. J’ai aussi peu de temps pour cuisiner, moi qui prône les repas faits maison et qui est très bien placée pour en connaître les avantages. Si je ne donne pas assez de temps à mes collègues de radio, je me sens coupable. Si je refuse de la suppléance, je me sens coupable et je crains qu’on ne m’appelle plus. Si je ne publie pas assez souvent sur mes réseaux sociaux, devinez quoi? Je me sens coupable. Quand ma famille a besoin de moi pour l’entreprise, je veux les aider aussi. Mais ce temps-là, je le prends où?

Je me doute qu’il en est de même pour vous, dans votre réalité. On vit dans une société qui nous pousse à être ultraperformants, ou tout est dû pour hier, où dire non ou ralentir est synonyme de paresse, où ne pas arriver à être monsieur/madame je m’entraîne-je cuisine des petits plats santé-j’ai du temps pour mes enfants-je bois mes 2 litres d’eau par jour-je fais de la méditation pour ma santé mentale-je n’oublie pas de mettre ma petite crème antirides à 100$ et je lis des livres de développement personnel-… s’avère être un échec. 

La raison pour laquelle j’ai tenu à poursuivre ce texte et le terminer est simple: je souhaite qu’on cesse de croire qu’on a le contrôle sur tout, qu’on est responsable de tout et qu’on devrait pouvoir arriver à absolument tout faire sous peine de ressentir beaucoup de culpabilité et/ou un sentiment d’incapacité.

Arrêtons de nous comparer. On ne connaît pas la vie des autres. Et, surtout, arrêtons de laisser ces influenceurs nous faire croire qu’on est la source du problème et qu’un peu de volonté règlera tout.